Les trois adolescents « enlevés » dont on a retrouvé les  vont avoir les honneurs et tous les égards dus à des martyrs. Ils seront célébrés comme des symboles par ceux-là mêmes qui les ont sacrifiés. De l’extérieur, on peut juger que leur sacrifice est le résultat d’un plan machiavélique, mais il ne l’est pas aux yeux du gouvernement israélien. Ils seraient juste  au service de leur pays en permettant à celui-ci de mener à bien sa politique, au même titre que ces nombreux soldats que l’on envoie mourir au service de la politique de leurs pays et que l’on décore à titre posthume.
Pour les services de renseignements et le gouvernement, il n’y a là rien de nouveau. C’est une opération comme une autre, qui se planifie et s’exécute avec le même tapage médiatique que toutes les autres. Les révélations du journal israélien  sur la « prophétie » du chef du Mossad, Tamir Pardo, laissent penser que l’opération du kidnapping des trois ados pourrait avoir été préparée au moins une dizaine de jours auparavant.
Dans un article publié le 15 Juin intitulé La prophétie du chef du Mossad qui fait froid dans le dos Haaretz rapporte que dix jours auparavant, lors d’une réunion du cabinet de Sécurité, le chef du Mossad, Tamir Pardo, avait décrit un scénario étrangement similaire à celui du kidnapping des trois jeunes israéliens : « Que ferez-vous si dans une semaine, trois adolescentes de 14 ans sont kidnappées dans une de nos colonies ? », demandait-il à un ministre. Prophétie ? Mon œil ! Pourquoi trois ? Pourquoi des ados de 14 ans ? Pourquoi dans une semaine ? Pardo ne faisait que citer quelque chose qui existait déjà dans les papiers et qu’il ne restait qu’à réaliser.
Ce n’est ni la première, ni la dernière fois que le projet sioniste avance en sacrifiant les  et les israéliens eux-mêmes. En fait tout le projet a été construit grâce à ses ennemis. Quand ils ont eu besoin de faire émigrer les  arabes vers Israël, tous les pays arabes se sont donné la main pour réaliser les  adéquats. A chaque impasse diplomatique, un ennemi surgit de l’ombre à bon escient pour lui permettre d’agir avec, en sus, la permission, la bienveillance et l’aide de la communauté internationale. Toutes les étapes du projet sioniste sont assourdies par des bruits de  contre des synagogues et de cris de haine antisémite que l’on n’entend qu’à travers la chambre d’échos des médias.
Le gouvernement israélien, aujourd’hui, n’a même plus besoin que l’on croit à sa . Seule lui importe son  intérieure. Une fois celle-ci acquise, que le reste du monde suive ou non ne fait aucune différence. Il annonce la couleur et agit. Le fait que le reste du monde ne croit pas à ses histoires est même devenu un atout. La  israélienne a été formatée pour croire que le monde entier est contre elle. Toute remise en cause de quoi que ce soit dans la politique de son gouvernement peut être exploitée comme étant due à la haine endémique à son égard. Il en résulte que plus le mensonge est gros, moins il est crédible à l’extérieur, plus il est crédible à l’intérieur. Les condamnations des mensonges et des exactions du gouvernement israélien n’auront d’autre effet que de resserrer la  autour de ses dirigeants, leur permettant de faire absolument tout ce qu’ils veulent.
Les trois gamins sacrifiés par leur gouvernement risquent pourtant d’être morts pour rien. Leur mort aura juste servi à permettre des arrestations et quelques meurtres supplémentaires parmi les palestiniens mais ne changera rien sur le fond dans la volonté des principales factions palestiniennes de se rapprocher. La violence et la brutalité de la réaction israélienne face à ce rapprochement prouve, s’il en était besoin, que le schisme entre le Fatah et le Hamas est son œuvre, mise en place bien avant le gouvernement actuel, et qu’il fait partie du plan sioniste global.