Ukraine

Les Services de sécurité de l’Ukraine ont confisqué les enregistrements du contrôle de trafic aérien concernant le Jet malaisien

Les Services de sécurité de l’Ukraine ont confisqué les enregistrements du contrôle de trafic aérien concernant le Jet malaisien
Quand nous avions commenté des anomalies touchant à la trajectoire du VOL MH-17, nous avions dit que, « peut-être, avant d’en arriver à  » certaines conclusions  » sur l’implication des rebelles, les questions clés que l’on devrait se poser avant de lancer des accusations,c’est pourquoi le pilote s’est-il détourné de son plan de vol habituel, pourquoi a-t-il volé au-dessus d’un soumis à des restrictions, et quelles instructions, si instructions il y avait, le contrôle aérien de Kiev a-t-il donné au pilote dans les minutes qui ont précédé l’explosion tragique »?
La réponse simple serait venue si l’Ukraine avait simplement publié l’enregistrement du contrôle de trafic aérien de la tour et du vol MH 17, ce que la Malaisie avait fait à la suite de la disparition du vol MH 370 qui, aux dernières nouvelles, n’a toujours pas été retrouvé.
Il semble maintenant que la réponse ne viendra pas parce que, comme le rapporte la BBC « le SBU, le service de sécurité de l’Ukraine a confisqué les enregistrements des conversations entre les agents de contrôle du trafic aérien ukrainiens et l’équipage de l’avion condamné, a déclaré à l’agence de presse Interfax une source à Kiev. « 
Ce qu’il adviendra des enregistrements est totalement inconnu. Ce qu’on sait, c’est que tout espoir d’obtenir une explication non manipuléesur le pourquoi l’avion se trouvait au mauvais endroit, ou sur ce que les pilotes ont peut-être vu ou dit dans les moments précédant l’explosion, est évanoui à jamais.
Cela signifie également que tout espoir de réellement travailler avec des faits au lieu d’appels à l’émotionnel, et d’aller au fond de la de la  malaisienne, réside dans ce qui a pu être enregistré par la boîte noire, dont la localisation actuelle est maintenant très claire. D’après The Independent :
« Les services d’urgence de l’Ukraine ont trouvé deux boîtes noires sur les lieux de l’accident du VOL MH17 de la  », selon le gouverneur de la région de Donetsk à l’est de l’Ukraine.
« Les deux boîtes noires ont été trouvées par nos services d’urgence. Je n’ai aucune  sur l’endroit où ces boîtes sont à l’heure actuelle », a déclaré Kostyantyn Batovsky à l’agence de presse Interfax-Ukraine.
Les séparatistes pro- de la région ont déclaré jeudi qu’ils avaient trouvé une boîte noire lorsque l’avion de ligne malaisien a été abattu entre Krasni Luch dans la région de Louhansk et Shakhtarsk dans la région voisine de Donetsk.
L’agence de presse Interfax-Ukraine avait annoncé que la première boîte noire avait été envoyée à Moscou pour analyse, avait rapporté la BBC. L’agence de presse signale maintenant qu’une seconde boîte noire a été récupérée sur le site de l’accident.
Le ministre des Affaires étrangères , Sergueï Lavrov, a été cité affirmant que la Russie n’a pas l’intention de confisquer les « boîtes noires » du vol MH17 de la Malaysia Airlines abattu dans les territoires tenus par les séparatistes pro-russes dans l’est de l’Ukraine,
Cependant, le leader séparatiste Aleksandr Borodaï a déclaré à l’Associated Press: « aucune boîte noire n’a été trouvée … Nous espérons que les experts vont les trouver pour retracer ce qui s’est passé ».
Un porte-parole du ministère des urgences à Kiev a refusé de commenter le rapport.
En d’autres termes, encore plus de confusion sans fait à l’appui, et de la spéculation, ce qui est exactement ce dont a besoin un système d’information basé sur la propagande.
Aussi, comme dans le cas du vol MH-370, il se pourrait que l’on ne sache jamais ce qui s’est passé avec LE VOL MH-17.
Traduction Avic – Réseau International
Envoyé par Caro


Comment l’avion de la Malaysia Airlines a-t-il pu s’écraser dans la zone de guerre ukrainienne ?

Comment l’avion de la Malaysia Airlines a-t-il pu s’écraser dans la zone de guerre ukrainienne ?
Hier, un avion de la compagnie Malaysia Airlines s’est écrasé dans la région de Donetsk. Les  passagers et les  membres d’équipages sont, soit presque 300 personnes. La première question qui vient à l’esprit est comment un avion de ligne qui effectue une liaison régulière entre Amsterdam et Kuala Lumpur a pu survoler une zone en guerre? Donc pourquoi l’espace aérien n’était-il pas fermé? Parce que, officiellement, il n’y a pas de guerre, officiellement il y a une petite opération menée par Kiev contre des terroristes. La première raison de la mort de ces personnes est l’hypocrisie. Mais au-delà de cet aspect, plusieurs faits surprennent et les hypothèses s’accumulent.
La question de l’ouverture de l’espace aérien
L’ouverture de l’espace aérien au-dessus d’une zone de conflit violent est surprenante. D’une part, le 8 juillet, les autorités ukrainiennes déclarent fermer l’espace aérien au-dessus des zones de conflit dans le sud-est pour des raisons de sécurité. Seuls les  volant à plus de 7900m sont autorisés à survoler la zone. Ensuite, le plancher est passé à 9600m. Autrement dit, les combattants ne disposent pas des moyens techniques d’abattre des  VOLANT à très haute altitude.
Pour sa part, le service européen du contrôle aérien a tout d’abord déclaré qu’il s’agit d’un accident et ne voit donc aucune raison de fermer l’espace aérien au-dessus de la zone. Il a fallu attendre quelques heures pour que le ministre ukrainien des Infrastructures fasse savoir par Facebook que l’espace aérien au dessus de Lugansk, Donetsk et en partie au-dessus de Kharkov était COMPLÈTEMENT fermé.
Pourquoi cela n’a-t-il pas été le cas avant? Parce que officiellement il ne se passe rien, même l’Organisation internationale de l’aviation civile avait certifié que la route était sûre.  Il ne se passe donc rien de grave. L’ s’attaque à un groupe terroriste soutenu par Moscou pour déstabiliser l’Ukraine. Ce refus obstiné et incohérent de rendre compte de ce qui se passe entretient une fausse impression de normalité concernant l’Ukraine. Combien de personnes reprochent aux médias  d’entretenir cette ambiance de guerre. Pourquoi? Parce que ce sont les seuls médias à ne pas détourner le regard quand les immeubles, les hôpitaux, les marchés, les écoles, les centres villes sont bombardés. Quand les civils se font tuer par des snippers, simplement parce qu’ils traversent la rue. Donc, l’on parle de propagande  pour qualifier ce que les médias occidentaux ne veulent pas MONTRER.
Maintenant, peut être que le traitement de l’information va-t-il changer. Il aura fallu tous ces morts pour que les médias occidentaux reconnaissent l’existence d’une guerre en Europe. Une guerre civile, une guerre sale, une guerre fratricide. Et cette guerre va leur sauter au visage. Ce silence médiatique est la première raison de la chute de l’avion malaisien. Si la situation avait été qualifiée de « guerre », le service européen du contrôle aérien aurait totalement fermé l’espace aérien au-dessus de la région, les compagnies aériennes auraient pu modifier le trajet des avions. Ces gens seraient encore vivants.
Quelles sont les différentes versions envisageables
     1. Une erreur du contrôle aérien ukrainien?
Une information surprenante montre que le trajet suivi par cet avion, qui ASSURE tous les jours la ligne Amsterdam – Kuala Lumpur, a été étrangement modifié justement le jour de la . Comme vous pouvez le voir en gros plan ici:
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Autrement dit, avant la date fatidique, l’avion passait au sud de Donetsk et ne survolait pas la zone de conflit. Comme il n’y a plus aucun service de contrôle aérien à Donetsk, l’aéroport étant fermé, les avions sont pris en charge par un aiguilleur à Kiev. S’agit-il d’une erreur ou est-ce volontaire? Pourquoi modifier le trajet et faire passer l’avion juste au-dessus des zones de combats et de tirs?
      2. Un tir perdu
Il ne faut pas oublier que c’est la guerre. Tous les jours il y a des bombardements, des tirs, des roquettes, des avions sont descendus. Cet avion aurait pu se trouver au milieu d’un tir croisé. Et dans ce cas ni Kiev ni les combattants ne savent réellement qui a tiré le coup fatal.
C’est peu probable, mais c’est possible. Tout va dépendre de la hauteur réelle à laquelle VOLAIT l’avion, car celle-ci varie selon les sources, de 6000 à 10000m. Ce fait est important, les forces de Donetsk ne reconnaissant pas avoir le matériel permettant de tirer à 10000m.
     3. Un tir des combattants voire des russes eux-mêmes
C’est évidemment la version privilégiée à Kiev, lancée par Biden, Poroshenko et son équipe. Ils affirment que les combattants sont entrés en possession des armes permettant de tirer un avion à très haute altitude. Information démentie par les combattants qui affirment ne pas avoir de système BUK ou de A300, qui sont les seuls à être efficaces. L’information, selon laquelle ils en possédaient, avait été diffusée alors par Kourguinian, qui s’est totalement discrédité la semaine dernière, par ses nouvelles prises de position radicales anti-Strelkov.
Cette version de la responsabilité russe semble être CONFIRMÉE par un expert militaire français, dans le journal Le Figaro, qui affirme que ni Kiev ni les combattants n’ont de telles armes. Celles-ci ne sont en possession que de Moscou qui donc a tiré sur l’avion.
On rappellera que Kiev est en possession du système BUK, depuis encore la période soviétique sans oublier ses usines de production d’armements. Et la question se pose pour les combattants, les informations et déclarations étant contradictoires sur cet aspect du problème.
Ce qui, en revanche, pose problème, est la raison d’un tel tir? Les combattants n’ont aucun intérêt à déstabiliser la situation sur place, puisqu’ils reprennent l’avantage sur le terrain. L’armée ukrainienne recule, a de très grosses pertes en matériel et en hommes. Le  de cet avion, malgré toute l’horreur de la situation, est du pain béni pour Kiev. C’est un électrochoc mondial qui fait tout oublier. Et le massacre d’Odessa, et les crimes de guerre, et les déplacements de populations et les milliers de morts et de blessés, et la centaine de milliers de réfugiés en Russie et tout le reste. Il ne reste qu’une horreur à l’état pur. Horreur que la presse américaine exploite déjà à merveille. The Washington Post, dès hier soir, commençait à reprendre et diffuser la version ukrainienne, insistant sur la très forte possibilité d’une implication des russes ou des « pro-russes ». Les Etats-Unis affirment que l’avion est tombé suite à un tir de missile sol-air, point, la discussion est close et l’information se diffuse.
Pourtant, il y a ici un petit problème aussi au niveau de la communication ukrainienne. Si l’on suit les horaires auxquels les informationssont diffusées hier, voilà ce que ça donne:
17h12: Poroshenko préside la réunion du Conseil de sécurité
17h26: Le Conseil de sécurité déclare que les combattants dans l’Est sont en possession des moyens techniques permettant d’abattre un avion à très haute altitude.
17h49: A Donetsk, un avion de ligne s’écrase.
C’est quand même une étrange coïncidence.
Et pour en finir avec la communication, mais américaine cette fois: tout d’abord, dans un faux souci d’impartialité, il est dit que l’on ne sait pas qui a tiré, puis les citations des autorités ukrainiennes mettant en cause leurs adversaires se propagent et finissent par monopoliser le discours, le tout entrecoupé d’informations jouant sur l’émotion et la sensibilité, pour mieux faire passer le message.
La responsabilité des combattants, voire de la Russie elle-même, n’en déplaise à Biden et donc à Poroshenko, n’a aucune logique si l’on cherche à répondre à la question: à qui profite le crime? Mais elle n’en constitue pas moins la ligne officielle américaine.
      3. Version conspirologie: une attaque organisée par Kiev et les Etats-Unis
Si l’on cherche à répondre à la question, à qui profite le crime, la réponse est évidente: à l’Ukraine et à leurs sponsors américains.
La situation sur le terrain s’enlise, la guerre est beaucoup trop longue, des images finissent pas passer à travers le blocus médiatique, et si ça continue les gens vont finir par savoir tout ce qu’ils ne veulent pas. Et première surprise, mercredi, l’armée ukrainienne installe le système missile sol-air BUK dans la région de Donetsk. Pourquoi? Il s’agit d’un système spécialement conçu pour descendre les avions VOLANT à très haute altitude. Or, les combattants ont récupéré un seul avion, qui n’a même pas encore volé. Vraiment étrange, quel est le sens? Et juste à ce moment-là …
Ensuite, même si les services américains disent et martèlent que la seule version acceptable est ce missile sol-air, un contrôleur aérien espagnol, travaillant à l’aéroport de Kiev, affirme que ce Beoing était accompagné par deux avions de chasse ukrainien avant de disparaître. Et finalement, il n’est plus question d’un missile sol-air, mais d’un tir effectué depuis un avion de chasse.
Si l’on continue dans cette logique, quel serait l’intérêt de commettre un tel crime? Il faut au minimum mettre un terme à ce conflit et GAGNER les territoires perdus et au maximum provoquer la Russie pour qu’elle fasse entrer ses troupes en Ukraine. Elle est déjà directement accusée par Melbourne qui reprend la position de Kiev, l’hystérie collective anti-russe joue et produit les effets attendus. Le tout en faisant oublier tout ce qui s’est passé avant, tout ce que l’armée ukrainienne a fait. Et ça peut marcher.
Les conséquences possibles du crash de l’avion de ligne
Après l’électrochoc provoqué par cette tragédie, la zone va se remplir très rapidement d’experts internationaux, d’observateurs et autres personnes qualifiées pour mener CETTE ENQUÊTE internationale, que tout le monde, évidemment, demande. Ce qui est très bien. Et ça tombe aussi très bien: on ne poursuit pas les combats sur une zone d’enquête internationale. Et l’armée ukrainienne va ainsi pouvoir occuper le terrain qu’elle a perdu. Le Président Obama a immédiatement proposé son aide et notamment l’envoi de « spécialistes ». Poroshenko s’est empressé d’accepter.
Pour une analyse froide de la situation: l’Ukraine gagne une guerre qu’elle commençait à perdre, gèle le conflit quand elle reculait. UNE ENQUÊTE internationale, c’est long, très long et personne ne pourra reprendre les armes après. C’est très bien, surtout pour Kiev. Et les combattants ont perdu, car ils ne peuvent plus défendre leur territoire, ils sont obligés de l’ouvrir à tout vent et le vent va s’y engouffrer.
Peut-on penser que cet acte soit prémédité?
C’est difficile à dire. Il y a des antécédents et même une escalade logique en somme. Avec l’, il a suffit d’agiter un petit flacon pour occuper le terrain. Avec la Syrie, ils ont essayé l’emploi direct des armes chimiques, mais la Russie a pu diplomatiquement bloqué la machination. En Ukraine aussi l’arme chimique a été utilisée et plusieurs fois (phosphore blanc, chlore), mais l’accusation est toujours retombée sur l’armée régulière, elle a donc été écartée et niée par les instances américaines et donc internationales et européennes. Alors pourquoi pas un avion? Ce serait ignoble, il est à espérer que cette hypothèse ne reste qu’au niveau d’une absurdité conspirologique. En tout cas, comme pour l’, la vérité finira par se faire.



Ситуация в ДонецкеGéopolitique


Vous vouliez une vraie révolution ? Voici le printemps ukrainien


Que de « révolutions » on a vu depuis la chute du Mur de Berlin ! En fait il s’agit toujours de la même, mais à des endroits différents. Il y a tout d’abord un rassemblement de quelques milliers à des centaines de milliers d’individus, tous censés être des « mécontentes », rejoints bientôt par d’autres grâce aux moyens de communication modernes. Ensuite tout ce beau monde converge vers la plus grande place de la capitale du pays, là où se trouvent toutes les caméras qui vont témoigner au monde qu’il y a bien un mécontentement généralisé.  Dans les premiers temps il ne s’agit que de protester, avant les premiers incidents qui aboutiront, quelques jours plus tard, aux premiers morts (généralement avec un coup de main extérieur). Au bout de quelques semaines, parfois quelques jours seulement, le chaos est tel que le dictateur, le tyran, le boucher sanguinaire, ou quel que soit le nom du catalogue des méchants qui lui a été attribué,  finit par s’enfuir ou se faire arrêter.
Généralement toute la révolution se déroule en un seul lieu, la place centrale de la capitale, dans un délai relativement court, toujours selon le même scénario, et les caméras omniprésentes, Ce n’est pas à une révolution que nous assistons, mais à un tournage. Un tournage en extérieur, avec de vrais comédiens, chacun sachant exactement quand intervenir et quoi faire, avec également des figurants parmi lesquels se trouveront les morts pour faire avancer le script qu’ils n’ont pas lu. Le scénariste, derrière les caméras, avec l’aide de ses accessoiristes qui fournissent armes, essence pour , masques, boucliers et objets divers, décide quand créer l’émeute, quand tuer ou incendier, et quand prendre l’assaut final.
Tout cela nous rappelle étrangement Hollywood. Une action limitée, des acteurs restant strictement dans leurs rôles, un espace géré, le tout au service d’une prise de vue parfaite. Même les horaires de l’action paroxystique destinée à relancer l’intérêt ou à faire retenir le souffle, sont paramétrés. Ça, ce sont les « Révolutions » made in Hollywood. Elles font appel au sentiment de compassion et à la tendance des humains à se ranger du côté des plus faibles. Le souvenir des grandes révolutions, édulcoré, embelli et même modifié parfois, y aide grandement. Mais, même falsifiées, ces grandes révolutions ont une sacrée différence avec les révolutions hollywoodiennes. Elles concernent le  ou, tout au moins, une large partie de celui-ci. Les places centrales pour se rassembler y sont importantes mais concernent plusieurs villes, et parfois en plusieurs endroits d’une même ville. Les raisons de ces révolutions viennent toujours de loin, même s’il y a des éléments déclencheurs auxquels, dans un premier temps, une analyse peu approfondie peut attribuer la cause. Il ne s’agit pas ici d’une contestation d’une élection qui a désigné la mauvaise personne, il s’agit de conditions de vie ou de survie des . Il ne s’agit pas de gagner un peu plus de liberté ou de changer de maître, mais de se libérer de quelque chose ou de revenir à des choses essentielles qui forgent l’être.
Ce type de révolution, ou quelque chose qui y ressemble, est en train de se structurer en . Pilotée ou pas (quelle révolution n’est pas pilotée ?), elle gagne de ville en ville dans l’Est et le Sud du pays. Des barricades se lèvent, s’organise et des leaders locaux commencent à fédérer leurs concitoyens. En face, le gouvernement provisoire de  envoie des forces de l’ordre pour tenter de mater les soulèvements. Différence significative avec lesrévolutions hollywoodiennes, les forces de l’ordre sont composées en grange partie de  étrangers, ce qui prouve que l’on a affaire à une révolution d’une autre nature, de celles qui voient souvent les forces de l’ordre classiques tourner casaque et se ranger du côté du peuple.
Que ce soit à Donetsk, à Kharkov, à Lougansk, ou à Kiev même où des barricades se dressent à cause de la montée des prix, tout retour en arrière semble désormais impossible.  Toute tentative d’utiliser la force ne fera qu’étendre la contestation. Il faudra que l’ et les  se mettent dans la tête, une bonne fois pour toute, que l’Ukraine dont ils avaient rêvée, celle d’avant Maïdan tombant toute mûre, après une mini révolution hollywoodienne, dans leur escarcelle, comme tant d’autres pays de l’Europe de l’Est, cette Ukraine-là est morte, et bien morte. C’est un autre pays qui va renaître à la place, et il sera fédéral ou ne sera pas. De ce point de vue, on peut dire que les  ont réussi, cette fois à leur corps défendant, à faire ce qu’ils ont toujours su faire à la perfection : détruire un pays.
Avic



hibou ecrit Articles de fond

Pierre Hillard sur les manifestations pro-UE en Ukraine (+Ecosse)




hibou ecrit Articles de fond La crise ukrainienne, un évènement de la politique profonde





Tribune libre – Recommandé par Eric Van Essche

La plupart des commentaires sur la situation en  se résume au choix d’un camp, ou des deux ensembles, pour trouver une solution à cette crise. Par solution, il faut hélas entendre solution de continuité de la crise, et non pas sa résolution.
Nous pensons qu’il est utile de comprendre pourquoi nous en sommes arrivés là. Cela pourrait éviter de nous enfermer dans des impasses, victimes d’une confusion généralisée.
Face à l’écroulement historique du système Dollar [1], et pour comprendre la stratégie actuelle de l’administration américaine, il faut d’abord souligner le contexte politique intérieur de ce pays, qui n’est plus depuis 1963 [2] qu’un simulacre de démocratie.[3]
Nous devons le caractériser suivant les sciences politiques comme étant un Etat dual dans lequel l’Etat profond (deep State [4]) influence l’Etat public, dans une logique de lutte de pouvoir.[5] Le premier a pris un ascendant quasi complet.
Nous avons précisé les définitions exactes et les preuves irréfutables de l’existence de cet Etat profond dans la synthèse bibliographique précédemment publiée.[6] En particulier, soulignons que l’Armée américaine (le Pentagone) est une composante de l’Etat public et non de l’Etat profond, bien que ponctuellement certains gradés en aient fait ou en font encore partie. C’est une distinction similaire à celle des membres de l’OAS au sein de l’Armée française.
L’évolution de la politique interne des USA au cours du siècle passé est évidemment très inquiétante et nous lui avions consacré un article l’année dernière.[7]
Nous nous intéressons ici à l’influence de cet Etat profond sur la politique extérieure des USA.

La stratégie du chaos

Il est devenu évident depuis le début de la crise systémique globale que la stratégie choisie par le gouvernement des USA ne se fait plus en fonction des intérêts du peuple américain. Elle vise avant tout à préserver l’existence de l’Etat profond – à l’instar de toute structure institutionnalisée – à tout prix y compris celui de sacrifier tour à tour ses vassaux (car un tel pouvoir n’a véritablement pas d’alliés ou d’amis).
L’acuité de la crise ukrainienne et l’escalade des menaces de la part de Washington font resurgir la perspective d’un retour de la guerre froide, et également du spectre de frappe nucléaire qui l’accompagne.
Nous pensons pour notre part que s’il était vraiment dans le pouvoir des membres de l’Etat profond de lancer eux-mêmes une offensive nucléaire contre la Russie, l’Iran ou la Chine, ils l’auraient fait depuis longtemps. Ils ont essayé depuis la crise des missiles de Cuba.[8] Puisque cela ne s’est pas passé, c’est que l’Etat profond ne dispose pas (ou pas complètement) comme il le voudrait de cette chaîne de commandement (voir plus avant).
Par contre disposant de moyens militaires hors de contrôle de l’Etat public (CIA, NSA, NSC…) il peut à loisir provoquer, créer des troubles, agresser sans cesse d’autres pays dans des conflits asymétriques.[9]
C’est une stratégie du chaos et de l’escalade des tensions internes et régionales pour couvrir le délitement de l’idéologie impérialiste dominante du XXème siècle à laquelle nous assistons. La crise Ukrainienne n’est que le dernier avatar.
Cette forme déliquescente de politique étrangère présente aux yeux de l’Etat profond plusieurs avantages :
  • Elle génère sa propre actualité erratique, qui détourne l’attention de la population intérieure et des pays vassaux envers les vrais problèmes posés par leurs systèmes réels de gouvernement ;
  • Elle rend toujours possible (mais très faiblement probable) une perte de sang-froid du pays agressé qui l’amènerait à attaquer ouvertement, fournissant un prétexte à toute forme d’escalade militaire et d’engrenage destructeur pour l’Etat Profond (puisque celui-ci, par construction des mesures secrètes de Continuité du Gouvernement,[10] sait le mieux se protéger dans les formes de conflits ouverts) ;
  • Si elle ne permet pas de reprendre l’avantage, cette stratégie permet de gagner du temps pour terminer de préparer le terrain à domicile : essayer d’augmenter les moyens de contrôle de sa population,[11] et en particulier essayer de trouver de nouveaux moyens de pression et de manipulation pour désarmer les américains (second amendement)… ce qui est encore loin d’être aisé.
  • Elle stresse les marchés financiers dont les acteurs sont encouragés à liquider leurs positions, c’est-à-dire à les transformer dans des assets liquides (stocks ou obligations, en particulier les Bons du Trésor US).
Notons qu’elle pousse également ces acteurs à thésauriser de l’or mais sur ce terrain l’Etat profond sait qu’il n’y a plus rien à entreprendre de plus que ce qui a déjà été fait :
  • manipulation des cours [12] pour retarder quelque peu l’échéance de la décomposition du système dollar,
  • corruption de la confiance envers la nature métallique des lingots officiels [13] (qu’il faut désormais re-tester [14] et/ou refondre),
  • leasing massif et re-hypothèque [15] de l’or national par les banques centrales pour distordre les prix du marché,
  • spoliation de l’or des , [16]
  • refus d’audit complet des stocks nationaux, [17]
  • création d’or papier frauduleux [18] car appuyés sur des stocks non audités,
  • manipulation de la publication des stocks officiels du COMEX [19] (depuis juin 2013 plus personne n’est responsable de la validité des données publiées).
Le prochain stade du refus d’honorer les contrats de livraison d’or physique aux marchés COMEX ou LBM ne constituera dans les faits qu’un aveu de reddition.[19bis]
Evolution sur 5 ans du stock d’or physique enregistré pour servir les retraits sur le marché COMEX ; source : 24hgold.com

L’idéologie de l’Etat profond américain

Pour mieux anticiper les évolutions et réactions des acteurs de l’Etat profond, il nous semble justifié d’après les éléments historiques que l’on ne peut pas s’arrêter à l’excuse de l’incompétence généralisée des structures de l’Etat public.[20]
Ces éléments historiques nous autorisent à associer deux tendances idéologiques d’extrême-droite qui irriguent les membres de l’Etat profond depuis des décennies :
  • tout d’abord la proximité et le soutien depuis les années 30 des mouvements nazis [21] ou groupes parafascistes [22] dans de très nombreux pays [23] et dernièrement en Ukraine [24] (citons en particulier l’Opération PaperClip, et les réseaux d’insurrectionGladio dans toute l’Europe – le drame norvégien [25] nous rappelant que ces réseaux dormants existent encore bel et bien de nos jours dans nos pays) ;
  • ainsi que la collusion étroite des néoconservateurs avec le courant extrémiste et antidémocratique du Reconstructionisme Chrétien depuis les années 1980 [26] (ces fidèles sont souvent appelés « Dominionistes »[27] bien que le Reconstructionisme n’en soit qu’une sous-catégorie). L’apogée de leur influence au plus haut niveau de l’Etat se situe sous la présidence de G.W. Bush.[28] Signalons qu’une purge [29] vise ces derniers temps ces fidèles au sein du Pentagone, et en particulier chez les « missiliers »[30] pour notre plus grande sécurité semble t’il.
Perdant du terrain et de l’influence sur le terrain domestique et parmi la majeure part des militaires du Pentagone dont le moral est au plus bas,[31] l’Etat profond a lancé plusieurs initiatives qui recouvrent les principes suivants :
  • Retenir fermement l’UE sous contrôle américain
  • Ecarter l’UE des BRICS en attisant les tensions à toutes les frontières clés
  • Restreindre la capacité stratégique de la Russie en utilisant l’OTAN et la suite des 
  • Isoler la Chine de ses voisins asiatiques, attiser les tensions avec le Japon grâce au nationaliste Abe ou en Thaïlande
  • Eviter le ralliement d’autres pays émergents autour des BRICS par l’arme monétaire (tapering)
  • Reprendre pied en Amérique Latine (déstabilisation du Vénézuela)
  • Répandre le chaos au Moyen-Orient (Syrie, puis Iran) en utilisant l’Arabie Saoudite qui se voyait ainsi déjà débarrassée de deux encombrantes puissances régionales (résultat : c’est le prince Bandar ben Sultan qui a été remercié [32] alors que Assad est toujours en place)

Retenir fermement l’UE sous contrôle américain

On pourrait croire, comme nos dirigeants européens, que l’alliance avec l’UE (c’est-à-dire en fait sa vassalisation) est essentielle pour les USA. Il n’en est rien. Les dirigeants de l’UE ne pourront pas sauver les USA du naufrage complet du système dollar parce que rien ne le peut, mais ils prolongeront un peu plus les souffrances des peuples américain et européens.
Il importe peu de savoir si l’Etat profond américain pense vraiment que les USA avec l’UE et le Japon peuvent « sauver le système ». Nous savons que c’est impossible : la montée en puissance des BRICS, cumulée avec la fin de course actuelle de l’utilisation du dollar comme monnaie, sont irrésistibles (et au vu des évènements récents on a de bonne raison de douter de la solidité de la relation transatlantique : Le « Fuck the EU » de Mme Nuland résume bien la pensée profonde !). L’Etat profond cherche avant tout à gagner du temps, pour organiser au mieux son futur retranchement.
Dans cette logique de simple pion, le projet Européen sera sacrifié à son tour, tout comme les Commissaires actuels. Ces derniers sachant leur reconduction impossible en juillet prochain, obtempèrent docilement à tous les desideratas de Washington et « poussent les feux » contre l’intérêt manifeste des citoyens européens sur tous les dossiers : Ukraine, Syrie, NSA, Lybie, OGM, TTIP… Ils trouveront certainement bientôt une place confortable dans un think-tank quelconque de Washington ou une université américaine.
La sagesse voudrait que les dirigeants européens et leurs conseillers reconnaissent cette impasse historique et accompagnent le mouvement dans le bon sens. On ne retarde pas une naissance, on peut simplement la rendre plus douloureuse. Mais cela serait faire preuve d’un nouvel esprit européen actuellement en crise et qui trouve son pinacle chez les élites européennes, et en particulier françaises.

L’Ukraine pour éloigner l’UE des BRICS

Ecarter l’UE des BRICS est facile à réaliser : la  autorisée par Washington, conformément à son idéologie antidémocratique que nous avons décrite, s’articule principalement autour d’une technostructure non élue (la Commission Européenne) où l’influence anglo-saxonne est très forte.
Grâce aux documents de , nous savons que tous les leaders politiques européens sont étroitement surveillés par la NSA et le GCHQ depuis des décennies et, mieux, les appareils législatifs (et donc certaines des personnes clés qui étaient en charge) ont été corrompus pour éroder petit à petit le droit des citoyens au fil de certains articles de loi convenablement rédigés (par exemple dernièrement : l’article 20 de la LPM en France) [33]. C’est aussi ce que nous apprend dernièrement le témoignage de devant le Parlement Européen.[34]
Ces députés craintifs se sont hélas toujours refusés à utiliser leur unique pouvoir réel : celui de censurer la Commission et la forcer à démissionner – ce qui empêche tout contrôle des citoyens sur la Commission Européenne, même a posteriori. Tout est dit.
Seul dirigeant en Europe Mme Merkel a osé élever un peu la voie suite au scandale des écoutes de la NSA et du GCHQ, mais isolée elle n’a rien pu faire. Le Parlement Européen est lancé dans une procédure bien plus longue. Donnera t’il son véto à la signature du TTIP ? François Hollande est devenu quelques mois seulement après son élection plus Atlantiste que Nicolas Sarkozy, si c’était possible.[35]
Ce contrôle de nos faibles élites politiques a donc permis à l’UE de jouer l’un des rôles les plus honteux de toute son histoire millénaire : celui de soutenir la montée au pouvoir de forces néo-nazis en Ukraine comme nous l’avons vu, ceci contre l’aspiration de tous les peuples européens.
Encore pire, les représentants de l’UE soutiennent les commanditaires des assassins des 100 victimes de la place Maidan : malgré la fuite de la conversation révélant à Mme Ashton la très probable intervention de  dirigés par l’opposition [36] (une tactique hélas banale de la part de l’Etat profond d’attaque sous fausse bannière pour manipuler les foules – ce qui est interdit par le droit international), aucun Commissaire ne s’est encore exprimé sur cette question brûlante. Si en Allemagne les médias se sont largement emparés de cette affaire, en France les articles de presse à ce sujet sont bien plus rares.
C’est la démonstration d’un hacking politique de la volonté des citoyens Européens rendu possible par l’absence de tout contrôle démocratique effectif  de l’UE.

L’Ukraine sacrifiée, les dirigeants Européens complices

Gaz, pipeline : les aspects énergétiques ou géostratégiques [37] dans cette affaire ukrainienne sont certes historiquement importants mais désormais secondaires pour l’Etat profond. Ce dernier ayant prouvé être incapable de dominer militairement l’Iraq ou l’Afghanistan sur le long terme, qui peut sérieusement imaginer un conflit ouvert entre l’Otan et la Russie pour arriver à lui retirer ses bases de Crimée (même sans compter l’appui de la Chine et de l’Inde qui ont déclarés leur support à la Russie) ?
Là encore, l’objectif réel est la division des peuples et la guerre de l’information, la lutte armée asymétrique. La volonté de puissance s’est transformée en méprisable ambition de chaos sans le moindre égard pour les vies du peuple ukrainien.
Nous pouvons résumer l’évolution prochaine de la situation intérieure de l’Ukraine en trois courtes dépêches :
  • Comme nous l’avions anticipé, le tout premier geste du nouveau « premier ministre » à son retour de Washington a été l’envoi précipité aux USA de toute la réserve d’or de la banque centrale d’Ukraine [38] (36 tonnes en décembre 2013 d’après le WGC). Ils seront aussitôt échangés à vil prix contre de vils dollars, ou bien mis en leasing et re-hypothéqué ce qui permettra au COMEX de tenir un mois de plus. Bref le peuple ukrainien ne le reverra jamais. Il est significatif de remarquer que les nazis se ruaient aussitôt sur les banques centrales dans les pays qu’ils ont envahis au cours de la 2ème .
  • Dmitry Yarosh, le chef du mouvement nationaliste ukrainien radical « Secteur Droit », a exigé que les autorités de Kiev ouvrent les arsenaux militaires pour armer ses miliciens.[39] On peut s’attendre à des exactions d’escadrons de la mort contre la population (russophone ou non, de confession juive ou non, tout sera bon pour rajouter de la confusion)
  • Pendant les émeutes de février en Ukraine des dépôts militaires ont été pillés, et des dizaines de systèmes de missile anti-aérien portatifs (MANPADS) ont disparus.[40] Cela a été commenté par le Président du Conseil des ministres de la République autonome de Crimée sur son compte officiel Twitter.
Il faut donc s’attendre à une dispersion de ces armes sur le marché noir international, et à des attentats particulièrement violents sur le sol ukrainien et ailleurs dans le monde là où des gouvernements démocratiques résistent encore. Avec la présence en Ukraine de la,[41] une des vitrines de la CIA,[42] leur exportation fait partie de la routine.
Former ces cœurs et ces esprits, les réveiller plutôt, c’est la tâche à la fois modeste et ambitieuse qui revient à l’homme indépendant. Il faut s’y tenir sans voir plus avant. L’histoire tiendra ou ne tiendra pas compte de ces efforts. Mais ils auront été faits.
(A. Camus ; Le manifeste de l’Homme Indépendant, 24/11/1939)

[1] Pour une courte synthèse géoéconomique actuelle du système dollar, voir ‘Global Europe Anticipation Bulletin’ n°83, L.E.A.P. (15/03/2014) ; Pour d’autres détails voir les indicateurs clés de Conscience-Sociale.org
[2] Peter Dale Scott, ‘The Doomsday Project and Deep Events: JFK, Watergate, Iran-Contra, and 9/11′, The Asia-Pacific Journal Vol 9, Issue 47 No 2, (11/2011); Peter Dale Scott, ‘The Doomsday Project for Violent Power: America’s Decline from Democracy to Empire since World War II’, Rowman & Littlefield Publishers, 2014
[3] ‘Il n’y a plus de démocratie aux États-Unis’, La Libre, (02/2014)
[4] Peter Dale Scott, ‘The State, the Deep State, and the Wall Street Overworld’, The Asia-Pacific Journal, Volume 12, Issue 10, No. 5, (03/2014).
[5] Salon.com, 03/2014
[7] ‘L’inéluctable contre-revolution du peuple américain‘, Conscience-Sociale.org (03/2013)
[8] Voir le dossier ‘Cuban Missile Crisis’, Mary Ferrell Foundation
[9] Peter Dale Scott, ‘La machine de guerre américaine : La politique profonde, la CIA, la drogue, l’Afghanistan’, Editions Demi-Lune, 2012 ;
[10] Peter Dale Scott, ‘Continuity of Government’ Planning: War, Terror and the Supplanting of the U.S. Constitution, The Asia-Pacific Journal, 21-2-10, (05/2010).
[12] Bloomberg, 03/2014
[13] Business Insider, 09/2012
[15] Silverdoctors.com, 06/2013
[16] Executive Order 6102 de 1933, Wikipedia.org
[17] Conscience-Sociale.org, 10/2012 ; et 11/2012
[18] wealthdaily.com, 11/2011
[19] Silverdoctors.com, 11/2013 [19bis] Conscience-Sociale.org, 10/2013
[20] Ainsi que le laisse pourtant entendre Charles Hugh Smith, 03/2014
[21] The Guardian, 09/2004
[22] Peter Dale Scott, ‘Transnationalised Repression; Parafascism and the U.S.’, Lobster magazine, Issue 12, 1986
[23] Salon.com, 03/2014
[24] Global Research, 03/2014
[25] Global Research, 08/2011
[26] Political Research Associates PublicEye.org, 06/1994
[27] theocracywatch.org, 09/2008
[28] Yurica Report, 02/2004
[29] Veteran Today, 03/2014
[30] NBC News, 05/2013 ; Defense One, 11/2013 ; Clearance Jobs, 01/2014 ; Daily Mail, 09/2013
[31] WND, 10/2013
[32] Al-Manar, 01/2014 ; Global Research, 03/2014
[33] Voir le dossier sur la Quadrature du Net
[34] Lire la transcription complète ici et en particulier la réponse à la première question posée.
[35] Agile-Democratie.net, 03/2014
[36] Voir les principaux articles de presse consacrés dans chaque pays européen au scandale SniperGate : Conscience-Sociale.org, 03/2014
[37] Michel Collon, 03/2014 ; Gordon T. Long, 03/2014
[38] Global Research, 03/2014
[39] Russia Today, 03/2014
[40] Russia Today, 03/2014
[41] al Jazeera, 03/2014
[42] Voir le dossier du Center for Media and Democracy http://conscience-sociale.blogspot.be/2014/03/oleh-tyahnybok-faisant-le-salut-de-son.html
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Révélations sur les évènements de l’Ukraine






Les  sur les magouilles états-uniennes sont de plus en plus précoces. Ceux qui s’informent auprès des bons médias, les médias alternatifs, savent plus ou moins à quoi s’en tenir sur les évènements « spontanés » qui précèdent les grandes crises géopolitiques. Mais, de plus en plus, des voix, parfois d’officiels, laissent fuiter des informations venant éclairer ces évènements, même si certaines de ces fuites n’ont rien de fortuit et sont destinées à désamorcer les situations explosives. En tout cas, tout le monde n’est pas prêt à se laisser embarquer dans des aventures guerrières, et les trois révélations ci-dessous, largement diffusées vont renforcer les opinions contre la .

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L’Estonie confirme l’authenticité des conversations sur les snipers à Maïdan

Cecilia Malmstrom and Urmas PaetPar La Voix de la  | Le ministère estonien des Affaires étrangères a confirmé l’authenticité des conversations téléphoniques entre Urmas Paet, le chef de la diplomatie estonienne, et Catherine Ashton, haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité.
La question des snipers ayant fait feu lors des manifestations à Maïdan à Kiev a été abordée. « Il est très regrettable que de telles écoutes aient eu lieu », a déclaré Urmas Paet. Le diplomate s’est abstenu de tout commentaire supplémentaire.  
  L’enregistrement de la conversation entre Urmas Paet et Catherine Ashton a été publié sur YouTube. Selon Urmas Paet, les personnes qui ont trouvé la mort à Kiev des deux côtés ont été tuées par les mêmes snipers qui ont été engagés par les leaders de Maïdan. http://french.ruvr.ru/news/2014_03_05/L-Estonie-confirme-l-authenticite-des-conversations-sur-les-snipers-a-Maidan-0528/

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 : le coup d’Etat a été fomenté par les USA et l’UE selon un ex-agent américain (VOR)

ob_2e5577_ukraine-usa-coup-d-etatUkraine : le coup d’Etat fomenté par les USA et l’UE (ex-agent américain) La voix de la Russie Les Etats-Unis et l’ préparaient l’EuroMaïdan en Ukraine depuis plusieurs années, a déclaré l’ex-employé du renseignement américain Scott Rickard dans une interview accordée à la chaîne internationale Press-TV. Selon lui, les dépenses publiques directes des Etats-Unis occasionnées par les protestations à Kiev ont dépassé 5 milliards de dollars. L’ex-employé de la  a cité le fondateur du site de ventes aux enchères eBay Pierre Omidyar et le milliardaire et spéculateur boursier américain George Soros parmi les principaux sponsors du coup d’Etat en Ukraine. Selon Rickard, les raisons principales des événements ukrainiens sont économiques et géopolitiques. L’Occident a tenté de pousser l’Ukraine, tout comme d’autres ex-républiques soviétiques, à adhérer à l’OTAN. http://le-blog-sam-la-touch.over-blog.com/2014/03/ukraine-le-coup-d-etat-a-ete-fomente-par-les-usa-et-l-ue-selon-un-ex-agent-americain-la-voix-de-la-russie.html

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Publication de documents sur la collaboration des ukrainiens avec 

Exhibition - Hitler and the Germans. Nation and CrimeLe ministère des Affaires étrangères de Russie a publié une série de documents du Commissariat du peuple aux Affaires étrangères de l’ datant de 1942-1945 et concernant l’activité des nationalistes ukrainiens pendant la Grande guerre patriotique.
Les documents renferment des témoignages sur leur collaboration avec les hitlériens et leur participation à des exécutions sommaires de la population civile. En Ukraine, on constate un regain d’activité des nationalistes après la dislocation de l’URSS. Par son décret, le président Viktor Iouchtchenko a attribué le titre de Héros de l’Ukraine aux fondateurs et dirigeants de l’Armée insurrectionnelle ukrainienne  et Roman Choukhevitch. Leurs continuateurs sont devenus des participants actifs de l’EuroMaïdan à Kiev. http://french.ruvr.ru/news/2014_03_05/Publication-de-documents-sur-la-collaboration-des-nationalistes-ukrainiens-avec-Hitler-6072/
hibou ecrit Articles

L’UE a soutenu un putsch contre un gouvernement démocratiquement élu






Le coup de force organisé par les États-Unis et l’Union européenne soutenant Tiagnibok (seul leader qui contrôlait les émeutiers) pendant les Jeux de  (les Russes ayant alors les mains liées) a donc fonctionné et débouché à l’effondrement du pouvoir légal la veille de la fin des Jeux (le 23 février).

Quelles leçons pouvons-nous tirer ?

1) Les récents événements dramatiques démontrent qu’il n’existe aucune solution politique viable et durable pour l’Ukraine dans les frontières actuelles car l’Ukraine est divisée géopolitiquement. 2) Le président Ianoukovitch qui a quitté le pouvoir de lui-même, et afin que le bain de sang cesse, avait certes des torts sérieux (corruption, incapacité à agir dès le début de la crise) mais il avait été élu démocratiquement (aucune contestation de l’OSCE) et était leprésident légal. C’est donc un coup de force, un coup d’État même, qui l’a poussé vers la sortie et ce coup d’État a bel et bien été soutenu par l’Union européenne. 3) Le sang a coulé parce que l’opposition a tiré la première à balles réelles sur les forces de l’ordre. Les premiers morts ont été des policiers. Qu’aurait fait un gouvernement occidental si des manifestants avaient tiré à balles réelles sur ses forces de l’ordre? On se souvient que l’autoritaire M. Valls aura quand même fait jeter en prison des petits jeunes de la Manif pour tous ou de Jour de Colère pour un simple jet de canette ! 4) Dans cette situation dramatique, l’Union européenne et les États-Unis portent une très lourde responsabilité. Ils ont encouragé la rébellion qui a débouché sur la violence ; ils ont cautionné un coup d’État contre un gouvernement démocratiquement élu. 5) La trame de fond de cette affaire, ne l’oublions pas, est, premièrement l’affrontement entre les États-Unis et , les premiers voulant otaniser l’Ukraine, les seconds voulant y conserver leur influence stratégique. C’est, deuxièmement, un affrontement historique entre l’Allemagne qui a toujours voulu contrôler () l’ouest de l’Ukraine (ce qui explique les néo- de Svoboda) et la Russie qui tente de refouler cette influence (ce qui explique les slogans anti- des ouvriers de Donetsk). 6) L’affaire ukrainienne, après la , la Libye et tant d’autres depuis 1990, apporte la démonstration que l’antifascisme et l’ sont une posture pour les partis dominants en France et non un combat réel, posture qui ne vise qu’à diaboliser les forces politiques réellement alternatives. Ce n’est en effet pas une conviction puisque, au nom de l’Union européenne, ces partis inféodés aux oligarchies pro-américaines ont soutenu les néo-nazis ségrégationnistes et antisémites de Svoboda, le fer de lance du coup de force contre le gouvernement légal d’Ukraine. Une fois de plus, l’Union européenne prouve qu’elle n’est rien devant les tendances lourdes de l’Histoire et les enjeux de puissance. Sa rhétorique sur la démocratie et les droits de l’Homme est instrumentalisée. Les gesticulations bellicistes de  en sont l’illustration pathétique.

L’Ukraine face au réel

L’opposition est divisée : que peut-il y avoir de commun en effet entre Ioulia Timochenko et les néo-nazis de Svoboda ? Les différents clans d’opposants vont devoir faire face à la réalité économique et géopolitique : - banqueroute de Naftogaz, la compagnie gazière - plus de service public, fonctionnaires non payés, caisses vides. L’UE ne donnera pas suffisamment. Donc Iatsenouk va devoir aller mendier l’argent  et on imagine comment il sera accueilli. - chaos dans l’Ouest de l’Ukraine où des bandes ont pris le contrôle. - qui fera partir les extrémistes qui tiennent Maïdan ? Le retour à la  de 2004 n’arrangera rien. Bien au contraire. Leonid Kuchma sentant le vent tourner en sa défaveur pendant la Révolution orange, avait imaginé une constitution perverse qui diluait tout les pouvoirs si bien que personne ne dirigeait vraiment l’Ukraine. Revenir à cette Constitution sera une catastrophe quand on connaît la fragilité géopolitique intérieure de l’Ukraine et ses difficultés économiques. SelonStandard&Poors, l’Ukraine fera défaut sur sa dette (elle doit rembourser 13 milliards de dollars cette année) si la Russie arrête son aide, ce qui est désormais probable.

Que peut-on souhaiter ?

Pour ramener la paix, il ne reste qu’une solution viable. Diviser l’Ukraine en deux États. Une Ukraine de l’Ouest tournée vers l’Allemagne, la Pologne et donc l’Union européenne. Ce sera l’Ukraine pauvre, nous serons perdants, sauf les Allemands qui vont y trouver une main d’oeuvre à bas coût pour continuer à maintenir leur avantage compétitif sur nous. Une Ukraine de l’Est, indépendante ou rattachée à la Russie (après tout les habitants y sont russes) avec la  bien sûr, éminemment stratégique pour Moscou.

Conclusion

Nous ne sommes qu’au début du chaos ukrainien et l’Union européenne porte une très lourde responsabilité. Manipulée par les États-Unis, l’Union a voulu exclure la Russie, acteur essentiel dans la zone, du règlement. Rappelons qu’après le Sommet de Vilnius de novembre 2013, le Kremlin a proposé de régler la question de l’Ukraine lors d’une conférence qui aurait rassemblé les Ukrainiens, les Russes et les Occidentaux. La crise ukrainienne est donc une nouvelle preuve de l’échec de l’Union européenne. L’Union européenne n’est pas un facteur de paix, elle est un facteur de guerre. http://blog.realpolitik.tv/2014/02/lue-a-soutenu-un-putsch-contre-un-gouvernement-democratiquement-elu
hibou ecrit Le coup de fil du patron de Facebook à Obama contre la surveillance dinternet



La Crimée a-t-elle le droit de faire sécession ?

CORDÉLIA BONAL(MIS À JOUR : )
A Perevalnoye, en Crimée, mercredi. Moscou continue à nier la présence de soldats russes en Crimée.
A Perevalnoye, en Crimée, mercredi. Moscou continue à nier la présence de soldats russes en Crimée. (Photo Thomas Peter. Reuters)
MERCI DE L'AVOIR POSÉE

Derrière ce qui ressemble de plus en plus à une annexion par la Russie, qui dit réellement le droit international ?

Obama, Merkel, Hollande, l’OSCE, le G7… Tous l’ont dit : le référendum prévu dimanche sur le rattachement de la Crimée à la Russie est «illégal au regard du droit international».Une «farce», pour le nouveau gouvernement de Kiev. Et pour cause : décidé à huis clos par un parlement de Crimée passé sous l’autorité d’un Premier ministre prorusse, Sergueï Aksionov, parachuté dans des conditions troubles, ce référendum s’organise sans observateurs internationaux, dans un contexte d’occupation de fait par les soldats russes et d’information de propagande. On voit mal qui, à part le Kremlin, pourrait reconnaître comme légal et légitime ce scrutin qui s’apparente de plus en plus à une formalité censée avaliser une annexion par la Russie. Mais sur le fond, que dit le droit international? La Crimée pourrait-elle, dans l’absolu, faire sécession?



En préalable au rattachement, le parlement prorusse de Crimée a franchi une étape hier mardi en proclamant unilatéralement l’indépendance de la péninsule, aussitôt reconnue par Moscou. Les députés disent se fonder sur plusieurs bases: le précédent du Kosovo, la charte des Nations unies et «toute une série d’autres documents internationaux établissant le droit des peuples à l’autodétermination», et un avis rendu par la Cour internationale de justice de 2010.Pendant ce temps, à Moscou, la Douma travaille à une nouvelle loi permettant d’intégrer à la Fédération de Russie un territoire étranger qui en émettrait le souhait − la Crimée, donc − en cas de «défaillance» de l’Etat auquel il appartient − l’Ukraine. Tout cela, en plus de contrevenir au mémorandum de Budapest par lequel la Russie s’est engagée à respecter l’intégrité des frontières de l’Ukraine et à la protéger contre toute occupation, n’a rien de conforme au droit international, pour plusieurs raisons.
Parce que la Crimée n’est pas le Kosovo
Le Kosovo, qui s’est séparé de la Serbie en 2008 au terme d’un long processus, a incontestablement créé un précédent. Sa proclamation d’indépendance a été reconnue comme ne violant pas le droit international par la Cour internationale de justice en 2010 (voir ici l'avis rendu par la Cour) - ce qui ne veut pas dire que la Cour a reconnu l'indépendance. Quant à savoir si le droit international confère un droit à la sécession, «ce qui avait été plaidé pour le Kosovo par les puissances occidentales, c’est que la sécession peut être un droit quand le peuple d’un territoire fait l’objet d’une oppression grave. C’est ce que l’on a appelé la sécession-remède»,rappelle Jean-Marc Thouvenin, professeur de droit international à Paris Ouest Nanterre-La Défense et directeur du Centre de droit international (Cedin).«Ce fondement juridique, à supposer qu’il soit valable car la Cour ne s’est pas prononcée à son sujet, n’est pas plaidable dans le cas de la Crimée puisque les Criméens ne font l’objet d’aucune oppression avérée.» Le chercheur relève au passage que «la Russie avait clairement rejeté la théorie de la "sécession-remède" dans le cas du Kosovo, au motif, d’une part, que la Serbie ne menaçait pas la population kosovarde et que, d’autre part, des solutions politiques, comme une autonomie renforcée, demeuraient envisageables. Dans ces conditions, on voit mal comment la Russie pourrait prétendre lui donner effet dans l’affaire de Crimée». Kosovars celebrate the independence of Kosovo as they displays the contry&squot;s new flag in the center of the capital Pristina on February 17, 2008. Kosovo&squot;s parliament declared the province&squot;s independence from Serbia, giving Europe a new nation and marking an historic turning point in the volatile Balkans. Serbian newspapers in their editions of February 18, were united in condemning the declaration of independence by Kosovo parliament, describing it as "being grabbed away" from Serbia. AFP PHOTO DANIEL MIHAIL Des Kosovars célèbrent l'indépendance, le 17 février 2008, à Pristina. (Photo Daniel Mihailescu. AFP)
Parce que la Crimée n’est pas l’Algérie
Deuxième argument brandi par le Parlement de Crimée, la charte de Nations unies et le droit des peuples à l’autodétermination. «Le droit à l’autodétermination a été affirmé dans le contexte de la décolonisation. Dans le cas de la Crimée, il faut plutôt parler d’un processus de sécession, explique Jean-Marc Thouvenin. Le droit à l’autodétermination des peuples est donc ici hors sujet. Et la sécession n’est en aucun cas favorisée par la charte des Nations unies, rédigée par des Etats pour des Etats.» Le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes s’applique aux peuples qui ont fait l’objet d’une «subjugation, domination et exploitation étrangères» selon la résolution 1514 votée en 1960 par l’Assemblée générale des Nations unies. C'est ce droit à l'autodétermination qui a été reconnu au peuple algérien et qui a permis, en 1961, le référendum conduisant à l'indépendance. Autres exemples : le Niger, le Cameroun, le Burkina Faso... (Archive) A picture taken on June 17, 1962 in a street of Algiers shows Algerians drinking coffee under a wall covered with pro-independence graffiti.<br /><br /><br /><br />
Des Algériens prennent leur café sous une inscription appelant à voter lors du référendum pour l'indépendance de l'Algérie, le 17 juin 1962 à Alger. Après plus de sept ans de guerre l'Algérie a proclamé son indépendance après la signature des accords d'Evian le 18 mars 1962 et leur ratification par référendum en France le 08 avril 1962 puis en Algérie le 1er Le 17 juin 1962, à Alger. (Photo d'archive AFP) La population criméenne peut difficilement prétendre répondre à cette définition. De plus, note le chercheur, «un peuple ne s’autodéfinit pas comme tel: ce sont les Nations unies qui le désignent ainsi». Dit autrement, si demain la Corse se lançait dans un référendum d’indépendance au titre du droit à l’autodétermination, ce serait à la fois contraire au droit français et sans aucun fondement en droit international.
Parce que la Crimée n’est pas l’Ecosse
Le Parlement ukrainien cite enfin un avis rendu par la Cour internationale de justice le 22 juillet 2010, selon lequel «la proclamation unilatérale d’indépendance par une partie d’un Etat ne viole aucune norme du droit international». Certes, mais le droit international ne la légitime pas non plus. En l’espèce, c’est l’accord du gouvernement de l’Etat concerné qui compte. C’est la situation de l’Ecosse, qui tiendra en septembre 2014 un référendum d’indépendance. Londres désapprouve ce scrutin − qui a de toute façon peu de chances de se solder par un oui − mais l’a avalisé par un accord signé en 2012 entre le Premier ministre nationaliste écossais Alex Salmond et le Premier ministre britannique David Cameron. The First Minister of Scotland Alex Salmond (L) shakes hands with Britain's Prime Minister David Cameron, after signing the referendum agreement in St Andrew's House, Edinburgh, Scotland October 15, 2012. Scotland took a big step on its path towards an independence referendum on Monday when its leader met Britain's prime minister to finalise arrangements for a vote which could lead to the demise of Scotland's three-centuries-old union with England.    REUTERS/Gordon Terris/Pool     (BRITAIN - Tags: POLITICS Alex Salmond et David Cameron, à Edimbourg, en octobre 2012. (Photo Reuters). Autre exemple récent : les Malouines. Le référendum d'autodétermination organisé en 2013, qui s'est conclu par le maintien du statut de territoire britannique d'outre-mer, avait été accepté sur son principe par le Royaume-Uni. On est loin de la situation de la Crimée, puisque le nouveau gouvernement de Kiev juge nul et non avenu le référendum de dimanche. Surtout, ni la constitution ukrainienne ni celle de Crimée ne prévoient l’hypothèse d’un référendum, souligne Thorniké Gordadzé, conseiller à l’Institut des hautes études de défense nationale (IHEDN) et ancien ministre géorgien de l’Intégration européenne. «L’Ukraine n’est pas une confédération dont on peut sortir comme ça. Après l’indépendance de l’Ukraine en 1991, Kiev a accordé à la Crimée un statut autonome, en raison de la présence historique du peuple tatar dans la péninsule. Ce statut donne à la Crimée des institutions propres ainsi que des prérogatives économiques et culturelles, mais il ne lui donne pas le droit de quitter l’Ukraine. Aucun droit de sécession n’est prévu.»
Parce que la Crimée n’est pas la Transnitrie (mais elle pourrait le devenir)
Territoire russophone de l’est de la Moldavie, la Transnitrie a fait sécession en 1991.«Cela pouvait dans une certaine mesure s’expliquer dans le contexte de la dissolution de l’URSS, mais la situation de la Crimée est très différente», relève Thorniké Gordadzé. L’«indépendance» de la Transnistrie a été confirmée par un référendum local en 2006, soutenu par la Russie. Seules l’Ossétie du Sud et l’Abkhazie, les deux républiques séparatistes de Géorgie reconnues indépendantes par Moscou, reconnaissent la Transnistrie. La Crimée pourrait bien rejoindre très rapidement ce club des territoires annexés manu militari par la Russie sous couvert de la légitimité d’un référendum. «Vladimir Poutine avance coup par coup. Tant que l’Occident ne le contre pas, il avance. La première étape, c’est l’annexion de la Crimée. La deuxième, pronostique Thorniké Gordadzé, ce sera la déstabilisation de l’est de l’Ukraine pour créer un chaos qui affaiblira le gouvernement de Kiev. L’objectif étant, à terme, d’installer un gouvernement prorusse en Ukraine.»
Cordélia BONAL
UKRAINE, LA DRÔLE DE GUERRE
hibou ecrit    Généralités

Histoire : Les annexions territoriales de l’Ukraine

http://www.reseauinternational.net/annexions-territoriales-ukraine/





Histoire : Les annexions territoriales de l’Ukraine


Envoyé par Foxhound Comme disait Napoléon, un schéma vaut mieux qu’un long discours : Ukraine-Histoire Croquis simple mais très explicite de la situation en 
hibou ecrit

M. Chamagne: l'Anschluss était dans Mein Kampf, le contrôle de l'Ukraine est dans le Grand Echiquier

)



hibou ecrit UKRAINE


L’Ukraine et la révolution-miroir de Crimée


   

Tribune de Byblos

Après avoir fomenté un coup d’Etat déguisé en vertueuse révolution à , voici que le Bloc atlantiste et sa presse-Système nous poussent des cris d’orfraie parce-que la Crimée russophone semble tentée à son tour par sa propre «révolution». Le modus operandi est pourtant le même : des milices armées prennent d’assaut des bâtiments officiels et font plier les autorités sous la menace, le tout recouvert d’un vernis révolutionnaire plus ou moins discuté ou discutable. En termes purement qualitatifs, le «contrecoup» de Crimée vaut donc bien le «coup» de Kiev. Mais la situation évolue d’heure en heure et, sans préjuger de l’avenir des gesticulations en cours de part et d’autre, il n’en reste pas moins que le bras de fer est désormais engagé dans la région entre le Bloc atlantiste et la Russie, avec une issue dangereusement incertaine. Une attitude puérile La mauvaise foi des atlantistes confine régulièrement au grotesque nous en avons l’habitude. Aujourd’hui, voici que le même ministre des affaires étrangères polonais qui a participé activement au coup d’Etat de Kiev pour le compte des USA et de l’UE, joue les vierges effarouchées en disant que ce qui se passe en Crimée est «un jeu dangereux», avertissant «ceux qui font cela, et ceux qui permettent cela (suivez mon regard vers ), que c’est comme cela que les conflits régionaux commencent.» Si le risque de conflit régional n’était pas bien réel, il y aurait de quoi s’esclaffer. Il y a en effet quelque chose de fondamentalement puéril à cette posture outrée qui est celle du Bloc atlantiste à chaque fois qu’il est contrarié. Car au fond, c’est un peu l’attitude d’un enfant qui donnerait subitement un coup de poing au visage d’un camarade, et s’indignerait ensuite que celui-ci ose riposter en lui mettant une claque. De bonne guerre Bref, si l’on résume les choses, nous avons d’un côté la fine équipe UE-- qui fomente et finit par réussir un coup d’Etat à Kiev, histoire de ramener  par la force dans le giron atlantiste. De l’autre, nous avons Moscou qui «laisse s’amorcer» une sorte de contre coup d’Etat en Crimée où vivent près de 60% de (24% d’Ukrainiens et 12% de Tatars – près de 98% des habitants y parlent le russe) et où est stationnée la flotte russe de la mer noire. Que Moscou veuille préserver une région stratégique des manigances du Bloc atlantiste paraît d’emblée être, disons, de bonne guerre. Souvenons-nous en effet que la Crimée fut d’abord une division administrative de la République socialiste fédérative soviétique de Russie, avant d’être «donnée» en 1954 par Kroutchev à la République socialiste soviétique d’Ukraine, où elle prit ensuite le statut de République autonome de Crimée après la chute de l’URSS en 1991. Ceci pour dire que lorsque le nouveau premier ministre mis en place par le bloc atlantiste à Kiev parle «d’invasion russe et d’occupation» en Crimée, on confine à nouveau au ridicule puisque les Russes ne sauraient envahir une Crimée où ils sont déjà largement installés. Et que dire des menaces du tueur en chef de l’OTAN, Fogh Rasmussen, qui se permet d’appeler la Russie à éviter «toute action pouvant provoquer une escalade» dans la crise ukrainienne, jugeant «dangereuse et irresponsable» l’action de groupes armés pro-russes en Crimée. Etrange : on ne se souvient pas avoir entendu le porte-flingue du Bloc atlantiste condamner l’action des  groupes armés néo-fascistes qui ont semé le  à Kiev pour le compte du Bloc occidental. Les , la guerre ? Au final, comme nous le pressentions dès les prémisses du coup d’Etat à Kiev, le bloc atlantiste a bel et bien ouvert une nouvelle boîte de Pandore en Ukraine. Sauf que le gouvernement pro-occidental mis en place à Kiev voit déjà sa légitimité contestée et, si le «contrecoup» en Crimée devait se confirmer, se retrouve sur le point de perdre une partie du pays moins d’une semaine après sa prise de pouvoir. Alors que va faire le Bloc ? Importer par cargos les hordes d’assassins jihadistes qu’il pilote en Syrie pour tenter d’enrôler les Tatars dans une guerre sainte contre la Russie en Crimée? Déclencher une guerre contre la Russie si Moscou avance encore quelques pions ? L’Europe étant un nain militaire elle ne pourrait alors que s’appuyer sur les USA pour être crédible, ce qui impliquerait une montée quasi immédiate aux extrêmes nucléaires compte tenu du rapport des forces. On en est là. Et l’on ne peut plus compter désormais que sur le sang-froid de Moscou pour éviter une énième catastrophe engendrée par l’infatigable vertu outragée d’un Bloc atlantiste plus que jamais emporté dans son hystérie anti-russe. http://www.entrefilets.com/la%20revolution%20miroir%20de%20Crimee.html#sthash.JmTSB0JB.dpuf
hibou ecrit    Généralités

Le terrorisme en Tunisie : entre réalité et manipulations (1/3)

Publié par  le 12 mars 2014 dans Articles
Le terrorisme en Tunisie : entre réalité et manipulations (1/3)
Le terrorisme en Tunisie : entre réalité et manipulations, par Mehdi Taje. Première partie.
L’équation démocratique est à variables multiples et complexes, reflet de sociétés aspirant au changement et écrivant une nouvelle page de leur histoire. Tout processus révolutionnaire bouleverse profondément une société, la nature et les modalités d’exercice du pouvoir engendrant une montée en puissance des rivalités et du désordre. L’ampleur des frustrations sociales, la montée des revendications, les inégalités sociales, économiques et politiques, la confusion et la désorganisation des pouvoirs à la recherche d’un nouvel équilibre, l’incertitude croissante, l’insécurité et le prurit anarchique qui en découlent sont autant de facteurs ouvrant une fenêtre d’opportunités à des acteurs malveillants cherchant à en tirer profit. En ce sens, l’instabilité et la confusion postrévolutionnaires peuvent s’avérer profitables à des mouvements terroriste locaux ou se revendiquant d’AQMI. En outre, cette phase de recomposition interne des régimes engendre des exclus, des perdants et des minoritaires pouvant être tentés, par des manœuvres illicites de déstabilisation, de verser dans la violence armée nourrissant ainsi tous les extrémismes, notamment religieux. Attaque de l’Ambassade des États-Unis, lynchage de Lotfi Nagdh, double assassinat politique, multiplication d’attentats et d’attaques visant les forces de sécurité et l’armée nationale, tentative de porter atteinte à la rente touristique à travers les attentats manqués de Sousse et de Monastir, enracinement d’un foyer terroriste au Mont Chambi et le long de la frontière algérienne, événements de Raoued, faux barrage à Jendouba marquant l’importation d’un mode d’action typiquement algérien, etc. constituent autant d’éléments témoignant d’unemontée en puissance du terrorisme islamiste en Tunisie et plaçant le pays dans un périmètre de ciblage préoccupant. Par ailleurs, fragmentation du Maghreb, percée de l’islamisme radical et du jihadisme, éclatement d’un foyer d’instabilité durable au Sahel menaçant la stabilité et la sécurité des pays du Maghreb, profonde déstabilisation de la Libye déstructurant l’État et érigeant le pays en épicentre de la menace terroriste, dissémination et prolifération des armes légères et lourdes à notre frontière Est, poussée de fièvre en Algérie marquée par de profondes tensions à la veille de l’élection présidentielle du 17 avril 2014, enracinement du crime organisé transnational et généralisation de l’économie informelle, gel du Grand Maghreb aggravant sa dépendance économique et stratégique, zone euro en récession risquant de déboucher sur une reconfiguration géopolitique de l’Europe et restructuration en cours de la scène moyen-orientale sur fond de tensions croissantes, constituent autant de défis géopolitiques pour la Tunisie en transition démocratique. C’est à travers le système de crises (sécuritaire, politique, économique et sociale) usant l’État et le corps social tunisien et les profonds bouleversements géopolitiques restructurant le voisinage tunisien que doit être analysée la montée en puissance du terrorisme menaçant la sécurité nationale tunisienne et hypothéquant la transition démocratique du pays. Dans ce contexte, qu’en est-il de la menace terroriste, entre réalité et manipulation ?

Le terrorisme, entre fantasme et réalité

Analyser les actes terroristes ayant secoué le théâtre tunisien sans s’interroger sur les motivations, la nature des acteurs et des cibles, les stratégies de l’ombre, l’imbrication de multiples facteurs, etc., c’est se cantonner à la description de la face visible de l’iceberg, face dont se délectent de nombreux pseudo-chercheurs ayant érigé le terrorisme en fonds de commerce. En réalité, tout terrorisme s’enracine dans un territoire, c’est-à-dire un milieu géographique et humain ayant ses propres singularités. Par voie de conséquence, tout raisonnement globalisant est à proscrire. Par ailleurs, toute violence de nature terroriste doit être analysée au regard de deux plans : un plan national caractérisé par des spécificités sociales, économiques et politiques pouvant alimenter la violence terroriste et, un environnement géopolitique régional et international dopant les facteurs internes tout en introduisant une dimension manipulation par des acteurs loin de toute foi religieuse et poursuivant, derrière le voile islamiste, des objectifs d’ordre stratégiques. Face à la complexité de la menace terroriste, la prudence doit guider tout effort de recherche. Deux questions s’imposent : - Quelle est la part relevant du local et la part s’inscrivant dans une dimension globale établissant un lien avec une « internationale » terroriste ? - Quelle est la part authentique (combattants instrumentalisés, simples pions sur un échiquier, mais fondamentalement imprégnés par l’importance de leur cause) et la part manipulation et instrumentalisation (groupe infiltré par des services secrets étatiques et dont les actions téléguidées répondent à un agenda loin de toute foi islamique) ? Le terrorisme islamiste semble combiner une part d’authentique et une part de manipulation par des services étatiques et des sources obscures [1]. En ce sens, il convient d’établir une distinction entre commanditaires avisés, poursuivant des objectifs stratégiques ou personnels et les exécutants instrumentalisés. Cette distinction est au cœur du raisonnement : il ne s’agit pas de nier la réalité d’authentiques jihadistes mus par une volonté de lutter contre un Occident impie attaquant des terres d’islam ou voulant restaurer le Califat, mais de ne pas s’en contenter. Il est utile de prendre en considération les stratégies secrètes d’acteurs divers poursuivant des intérêts loin de toute foi religieuse, encore plus de l’islam. Le chômage et les injustices sociales, conjugués à l’absence de progrès économiques et sociaux, jouent en faveur des commanditaires et de la persistance du terrorisme. En outre, la stratégie occidentale de harcèlement et de stigmatisation des musulmans alimente le choc Occident-Islam et favorise l’endoctrinement et le recrutement des exécutants. Fin de la première partie.

[1] Aymeric Chauprade, « Les intérêts géopolitiques des acteurs de la crise du Mali », Menaces en Afrique du Nord et au Sahel et sécurité globale de l’Europe, Ellipses, Paris, juin 2013, p.75. Crédit photo : Nicolas Raymond via Flickr (cc) hibou ecrit Articles de fond

Le terrorisme en Tunisie : entre réalité et manipulations (2/3)

Publié par  le 13 mars 2014 dans Articles - 2 commentaires
Le terrorisme en Tunisie : entre réalité et manipulations (2/3)
Le terrorisme en Tunisie : entre réalité et manipulations, par Mehdi Taje. Deuxième partie.

Le fantasme d’AQMI

AQMI est une organisation complexe, officiellement franchise d’Al Qaïda à l’échelle maghrébine et sahélienne et, officieusement, levier utilisé par de multiples acteurs au gré de leurs intérêts stratégiques ou criminels. En intégrant « officiellement » Al-Qaïda en janvier 2007, le Jihad au Maghreb change de dimension, de doctrine et de mode d’action. Il devient la quatrième branche armée d’Al-Qaïda, après celles établies en Afghanistan, en Irak et en Arabie Saoudite avec pour vocation d’unifier les mouvements jihadistes à l’échelle maghrébine. Telle est la face visible de l’iceberg, une partie d’une réalité extrêmement complexe et volatile. Les apparences sont souvent trompeuses ! L’idée d’une Al-Qaïda, maison mère, dirigeant ses différentes franchises à l’image d’une multinationale du terrorisme relève aujourd’hui du pur fantasme. L’organisation a été, conformément aux conclusions de nombreux analystes, décapitée sur le plan opérationnel en 2002 suite à l’intervention occidentale en Afghanistan. Progressivement, ses principaux responsables, dont Ben Laden, ont été neutralisés. Dès lors, la violence islamiste s’est recentrée sur des problématiques locales ou régionales inhérentes à la prise du pouvoir ou à la captation des richesses et le contrôle des trafics. Derrière les objectifs affichés, au Yémen, en Syrie, en Irak et au Liban, elle vise le renversement de pouvoirs chiites réfractaires à l’islam sunnite obéissant à un agenda géopolitique transcendant la doxa islamiste. Au Pakistan ou en Afghanistan, elle aspire à assurer le maintien au pouvoir de forces politiques islamistes. Au Sahel, la menace salafiste, réelle car porteuse d’un message politico-religieux, est « mise à la sauce » de toutes les problématiques locales : trafics en tous genres, recherche de rentes, rivalités politiques, conflits d’intérêts entre nomades et sédentaires (Arabes et Touaregs, Maures et Noirs), poids relatif de l’armée et des services de sécurité au sein des différents pays, appétits des grandes multinationales, rivalités entre États, etc. Dans ce cadre, AQMI semble être l’arbre qui cache la forêt, le terrorisme amplifié voilant les véritables enjeux. Qu’ils s’appellent AQMI, MUJAO, Ansar Dine ou autre, il s’agit d’acteurs cherchant à tirer profit du désordre sahélien. AQMI ne constitue en tant qu’entité politico-religieuse qu’un irritant aggravant les facteurs géopolitiques et géoéconomiques à la base de l’instabilité de l’espace sahélien. La menace terroriste ne doit pas masquer la défaillance politique, économique et sociale des États sahéliens minés par leurs faiblesses internes et par les appétits spéculatifs et rivaux des puissances étrangères. Ce que l’on désigne sous le nom d’AQMI n’est en réalité qu’un conglomérat mafieux non homogène, composé de bandes aux intérêts disparates, souvent rivales, parfois unies quand elles sont collectivement menacées. Parcourue par des querelles de chefs mafieux, AQMI est aussi, et peut-être avant tout, une organisation de banditisme ayant érigé les enlèvements et les prises d’otages en commerce ordinaire. Vernis idéologique, l’islamisme est instrumentalisé afin de permettre à ces groupes criminels de s’enraciner et de prospérer au sein d’un espace dérégulé sur la plan stratégique. Alain Chouet souligne : « l’action d’AQMI tient plus de la « piraterie barbaresque » (trafics d’armes, de biens de consommation divers et surtout de drogues, racket des transporteurs, commerçants et entrepreneurs, prise d’otages contre rançon, etc.) que de la rhétorique salafiste. Ses revendications « idéologiques » (abrogation des lois européennes sur le port du voile, libération des militants islamistes violents, etc.), d’ailleurs soutenues avec mollesse, ainsi que ses proclamations répétées d’allégeance à la mouvance de Ben Laden et d’Ayman Zawahiri semblent d’abord destinées à lui donner un paravent idéologique islamique pour ses activités criminelles » [1]. L’islamisme radical apparaît comme étant le conduit par lequel s’enracine le crime organisé [2]. Les mouvements se revendiquant de l’islamisme aspirent principalement à contrôler les routes et les trafics prospérant grâce aux vulnérabilités fragilisant l’espace sahélien. Il est donc important de dédramatiser cette appellation Al-Qaïda, qui est essentiellement un moyen de démultiplier l’attention médiatique dans l’intérêt des ravisseurs. Peter Pham, directeur du département Afrique du groupe de réflexion Atlantic Council, précise : « Le mouvement jihadiste en Afrique n’est clairement pas dirigé par le successeur d’Oussama Ben Laden, l’Egyptien Ayman Al-Zawahiri, si tant est qu’il contrôle quoi que ce soit. La marque Al-Qaïda aide certains groupes locaux à se distinguer des groupes rivaux, cela facilite notamment le recrutement de jeunes adeptes et dans certains cas le tampon Al-Qaïda leur permet d’obtenir des fonds de l’étranger, en particulier des pays du Golfe. De l’autre côté, cela permet à Al Zawahiri de faire croire au monde qu’il a plus d’influence qu’il n’en a réellement. En fait c’est un homme seul, caché dans une maison quelque part. Il apprécie de pouvoir tirer crédit, partiel ou total, de ce que font ces acteurs indépendants en Afrique. Mais dans les faits le commandement central d’Al-Qaïda n’a aucune influence opérationnelle. Rien ne provient de lui. Cela se passe entre groupes, ils échangent des savoir-faire, des informations et parfois des combattants » [3]. Autant de théâtres d’affrontements, autant de problématiques différentes qui ne peuvent être résolues en considérant à tort qu’elles émanent d’un même courant ou d’un même chef d’orchestre tapi dans les zones tribales du Pakistan. « Le seul élément commun à toutes ces violences est le fait qu’elles servent partout les intérêts stratégiques des États-Unis et le besoin de légitimation des pétromonarchies wahhabites d’Arabie-Saoudite et du Qatar qui ne se cachent même plus en certains endroits de soutenir, financer et armer le djihadisme, à l’instar des événements secouant la Syrie. Derrière le paravent usé d’une Al-Qaïda mythifiée, ce sont là les véritables chefs d’orchestre de la violence islamiste » [4]. Fin de la deuxième partie.

[1] Alain Chouet, « Qui veut faire du Sahel le nouvel Afghanistan ? », Espritcorsaire, 5 juillet 2013 [2] Selon de nombreux observateurs de la scène malienne, les actes imputés à une application rigoriste de la Charia (lapidation, amputation, destruction de mausolées et autres) visent avant tout à détourner l’attention sur la multiplication des trafics, notamment du trafic de drogue. [3] AFP, « Al-Qaïda en Afrique : paroles globales, actions locales », Jeune Afrique, 15 décembre 2013 [4] Alain Chouet, « De l’Irak au Mali : pourquoi Al-Qaïda est beaucoup plus vive que morte 12 ans après le début de la guerre contre la terreur », Atlantico, 3 février 2014. Crédit photo : magharebia via Flickr (cc)

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