Le réseau mondial des bases militaires US
Les fondements de la terreur des peuples ou les maillons d'un filet qui emprisonne l'humanité
Le contrôle des activités humaines, économiques, sociales et politiques mondiales est ASSURÉ
de plus en plus par les États-Unis d’Amérique (USA) dont la volonté de domination s’exprime dans une stratégie d’interventions directes et indirectes continues pour orienter la conduite des affaires mondiales en fonction de leurs propres intérêts. Le Rapport Global 2000 publié en 1980 présentait l’état du monde en faisant état des menaces qui pourraient peser sur ces intérêts. 20 ans plus tard, les Étatsuniens, pour justifier, dans le contexte de leur propre sécurité, leurs interventions sous toutes les latitudes, montent la plus grande supercherie que l’on puisse imaginer, «une guerre mondiale contre le terrorisme» ou, en d’autres mots, une guerre contre ceux ou celles qui osent ne pas vouloir être ou devenir leurs esclaves.
Les quatre éléments majeurs de la stratégie de conquête et de domination du monde par les Étatsuniens sont le contrôle de l’économie mondiale et des marchés financiers, la main mise sur toutes les ressources naturelles (matières premières et ressources énergétiques) névralgiques pour la croissance de leurs avoirs et de leur pouvoir par le biais des activités des corporations multinationales, la mise en tutelle des 191 gouvernements membres de l’Organisation des Nations Unies et, enfin, la conquête, l’occupation et la surveillance de ces éléments grâce à un réseau de bases ou d’installations militaires qui couvrent l’ensemble de la Planète (continents, océans et espace extra-atmosphérique). Il s’agit d’un Empire dont il est bien difficile d’en déterminer la juste ampleur.
Il est cependant possible d’en décrire la configuration générale à partir des informations rendues publiques dans les rapports annuels présentés DEVANT
le Congrès étatsunien sur les dépenses militaires nationales et le réseau des bases militaires situées à l’étranger et aussi dans une série d’analyses de la configuration de cet ensemble dans plusieurs régions du monde.
Cet article a pour objectif de présenter un bref aperçu du réseau mondial des bases militaires possédées ou contrôlées par les Étatsuniens, les effectifs, les traits de la répartition spatiale de ces installations, les coûts annuels de leur déploiement, les éléments qu’elles surveillent et les projets actuels d’expansion de ce réseau. Nous examinerons, dans une seconde partie, le mouvement mondial de résistance populaire à ces projets. Nous analyserons, dans un autre article, les réseaux d’autres puissances nucléaires tels que ceux du Royaume Uni, de la France et de la Russie.
1. Les bases militaires
Les bases militaires sont les lieux d’entraînement, de préparation et de stockage des équipements de guerre des armées nationales dans le monde. Elles sont peu connues, car les visiter est à toutes fins pratiques interdit pour le grand public. Bien qu’elles empruntent plusieurs configurations selon les fonctions spécifiques qu’elles sont appelées à assumer elles peuvent être classées en quatre grandes catégories : Les bases aériennes (Air Force) (photos 1 et 2), les bases terrestres (Army), les bases navales (Navy) et les bases de communications et de surveillance (Spy).
II. Plus de 1000 bases ou installations militaires
La plupart des sources de renseignements sur cette question (notamment C. Johnson, le Comité de Surveillance de l’OTAN, l’International Network for the Abolition of Foreign Military Bases,etc.) révèlent que les Étatsuniens possèdent ou occupent entre 700 et 800 bases militaires dans le monde.
Conçue par Hugh d’Andrade et réalisée par Bob Wing la carte 1 intitulée : «U.S. Military Troops and Bases around the World», «The COSTS OF
«Permanent War» publiée en 2002 permet de constater la présence de militaires étatsuniens dans 156 pays, de leur présence sur des bases étatsuniennes dans 63 pays, des bases récemment construites (depuis le 11 septembre 2001) dans sept pays et un total de 255 065 effectifs militaires. Cette présence qui se traduit par un total de 845 441 installations diverses couvre, dans les faits, des terrains d’une superficie de 30 millions d’acres. Selon Gelman, en se basant sur les données officielles du Pentagone de 2005, les USA possèderaient 737 bases à l’étranger. Avec celles du territoire métropolitain et de leurs propres territoires les bases couvriraient une superficie totale de 2 202 735 hectares, ce qui ferait du Pentagone l’un des plus grands propriétaires terriens de la planète (Gelman, J., 2007).
Les données du Peace Pledge Information 2003 indiquent qu’entre 2001 et 2003 le réseau étatsunien comprenait 730 installations et bases dans plus de 50 pays et faisait appel à un personnel militaire américain dans des douzaines d’autres pays (carte 2). D’autres sources mentionnent que les USA possédaient en 2004 plus de 750 bases réparties dans 130 pays et ce sur tous les continents. Un grand nombre d’entre elles étaient situées sur des îles. Selon C. Johnson,l’Empire américain en possèderait ou louerait plus de 1 000 au total à l’étranger (Johnson, 2007). En bref, les bases et les troupes étasuniennes occupent et contrôlent presque la totalité des espaces terrestres et marins de la planète. Encore quelques pays semblent leur échapper comme la Syrie, l’Iran, la Corée du Nord, Cuba et le Venezuela, une situation qu’un Empire, on peut s’en douter, ne pourrait tolérer trop longtemps
La carte du Réseau mondial NO BASES (carte 3) révèle ce qui suit :
- Des bases en opération qui se situent en Amérique du Nord, dans quelques pays latino-américains, en Europe de l’Ouest, au Moyen-Orient, en Asie centrale, en Indonésie, aux Philippines et au Japon.
- Des bases désaffectées
- De NOUVEAUX
sites sélectionnés
- Des bases d’espionnage
- Des bases d’espionnage satellite
- Les pays avec des bases étatsuniennes
- Des bases dont l’acquisition est en négociation
- Les pays sans bases américaines
Carte 3. Les bases militaires étatsuniennes: Cliquez ici pour voir la carte
Voir également: http://www.forusa.org/fellowship/documents/GlobalMapFeb2007.pdf
La surface terrestre est structurée en un VASTE
champ de bataille
La surface terrestre est structurée en un VASTE
Ces bases ou installations militaires de diverses natures sont réparties sur une grille de commandement divisée en cinq unités spatiales et quatre unités spéciales (Unified Combattant Commands) (Carte 4). Chaque unité est placée sous le commandement d’un général. La surface terrestre est donc considérée comme un vaste champ de bataille qui peut être patrouillé ou surveillé constamment à partir de ces bases.
Carte 4. Le monde et les territoires sous la responsabilité d’un commandant ou structure de commandement
Les territoires sous commandement sont (nous avons conservé leur appellation en anglais) le Northern Command (Peterson Air Force Base, Colorado), le Pacific Command (Honolulu, Hawaii), le Southern Command (Miami, Floride – Carte 5), le Central Command (MacDill Air Force Base, Floride), le European Command (Stuttgart-Vaihingen, Allemagne), le Joint Forces Command (Norfolk, Virginie), le Special Operations Command (MacDill Air Force Base, Floride), le Transportation Command (Scott Air Force Base, Illinois) et le Strategic Command (Offutt Air Force Base, Nebraska).
Carte 5. Le Southern Command
L’OTAN peut compter sur 30 bases
L’OTAN, en tant qu’alliance militaire et désormais aussi politique, possède son réseau de bases,soit 30 au total qui sont principalement situées en Europe de l’Ouest : Whiteman aux U.S.A., Fairford, Lakenheath et Mildenhall au Royaume Uni, Eindhoven en Hollande, Brüggen, Geilenkirchen, Landsberg, Ramstein, Spangdahlem, Rhein-Main en Allemagne, Istres et Avord en France. Morón de la Frontera et Rota en Espagne, Brescia, Vicenza, Piacenza, Aviano, Istrana, Trapani, Ancora, Pratica di Mare, Amendola, Sigonella, Gioia DELL
Colle, Grazzanise et Brindisi en Italie, Tirana en Albanie, Incirlik en Turquie, Eskan Village en Arabie saoudite et Ali al Salem au Koweit,
III. Un personnel militaire sous toutes les latitudes
Selon les données de l’encyclopédie libre Wikipedia (données de février 2007), le système de défense étatsunien métropolitain (on estime à 6000 le total des installations militaires aux USA eux-mêmes) et mondial fait appel à un personnel de 1.4 million de personnes dont 1 168 195 aux États-Unis et dans leurs territoires d’outre-mer. Selon la même source ils en déploient 325 000 à l’étranger dont 800 en Afrique, 97 000 en Asie (en excluant le Moyen-Orient et l’Asie centrale), 40 258 en Corée du Sud, 40 045 au Japon, 491 sur la base de Diego Garcia dans l’océan Indien, 100 aux Philippines, 196 à Singapour, 113 en Thaïlande, 200 en Australie et 16 601 sur des navires de guerre.
En Europe, on compte encore la présence de 116 000 militaires étatsuniens dont 75 603 en Allemagne. En Asie centrale, environ 1 000 militaires sont stationnés sur la base aérienne de Ganci (Manas) au Kirghizistan et 38 se trouvent à Kritasanisi, en Géorgie, dont la mission est d’assurer l’entraînement des soldats géorgiens. Au Moyen Orient, on dénombre 6 000 militaires dont 3 432 au Qatar et 1 496 à Barhein. En Occident, en dehors des USA et de leurs territoires, on en retrouve 700 à Guantanamo, 413 au Honduras et 147 au Canada.
Les carte 3, quant à elle, présente le personnel en devoir selon un découpage en sept grands ensembles. Le nombre total du personnel de la Défense cantonné aux États-Unis eux-mêmes et dans leurs territoires est de 1 139 034.militaires. Dans les autres régions de l’hémisphère occidental on en compte 1 825, en Europe 114 660, en Afrique subsaharienne 682, en Afrique du Nord , au Moyen Orient et en Asie du Sud 4 274 et dans l’Est asiatique, en Ex-URSS 143 et dans le Pacifique 89 846.
IV. Les coûts d’exploitation de ce réseau mondial
Les dépenses militaires des USA sont passées de 404 à 626 milliards de DOLLARS
– valeur équivalente du dollar de 2007 (données du «Center for Arms Control and Non-Proliferation» de Washington) entre 2001 et 2007 et devraient dépasser les 640 milliards en 2008 (figure 1 ethttp://www.armscontrolcenter.org/archives/002244.php ). Elles correspondaient en 2006 à 3,7% du PIB et à $935.64 per capita.
Selon les données de la carte 1 (The Costs of «Permanent War and By the Numbers») le budget de la Défense proposé en 2003 de 396 milliards de DOLLARS
a atteint dans les faits les 417.4 milliards et correspondait déjà à une augmentation de près de 73% par rapport à celui de 2000 qui atteignait les 289 milliards et plus de la moitié du budget total discrétionnaire des États-Unis. Depuis 2003 ces dépenses viennent s’ajouter à celles de la guerre d’occupation de l’Irak qui atteignent aujourd’hui (fin mars 2007) un total cumulé de 413 milliards de dollars selon le National Priorities Project.
Les estimations des besoins du budget de la Défense qui ont été présentées en mars 2006 dans leLivre Vert de la Défense correspondaient à la somme totale de près de 440 milliards de dollars pour l’année fiscale 2007. Le personnel demandé était de 1 332 300 militaires et autres employés, mais il est noté que CES DONNÉES
ne comprenaient pas les crédits nécessaires pour la guerre mondiale contre le terrorisme. Il s’agissait donc du budget régulier.
A. Goldstein du Washington Post, dans le cadre d’un article sur les faits saillants du budget national de 2007 intitulé «2007 Budget Favors Defense» écrivait à ce sujet: «Dans l’ensemble, le budget de l’année fiscale 2007 aura pour effet d’effectuer les changements que l’Administration s’était évertuée à apporter au cours des cinq dernières années, soit d’augmenter les capacités militaires et de défense contre les menaces terroristes sur le sol des États-Unis tout en restreignant les dépenses dans plusieurs secteurs d’activités comme ceux de l’éducation et du transport ferroviaire.».
V. Des bases pour le contrôle des ressources énergétiques fossiles
Les USA ont entrepris, après les événements du 11 septembre 2001, une guerre globale contre le terrorisme, d’abord en Afghanistan et ensuite en Irak et s’acharnent contre les pays qui n’obéissent pas fidèlement à l’ordre qu’ils veulent imposer à l’ensemble de l’humanité et, notamment, l’Iran, la Corée du Nord, la Syrie et le Venezuela. Ils surveillent de près les gouvernements qui ne sont pas nécessairement favorables à l’expansion de leur emprise sur les ressources de leurs territoires. Ils sont particulièrement préoccupés par les mouvements de résistance à leurs interventions en Amérique du Sud, ce qui a amené le Président Bush à effectuer récemment une tournée éclair dans plusieurs pays tels que le Brésil, l’Uruguay, la Colombie, le Guatemala et le Mexique «pour promouvoir la démocratie et le commerce», mais surtout pour essayer de neutraliser ces mouvements et de bâtir un contrepoids suffisant pour en freiner l’expansion
Il en est ainsi en Asie centrale. Selon Iraklis Tsavdaridis, Secrétaire du Conseil mondial de la Paix (WPC), la présence des bases militaires des U.S.A. ne doit pas être perçue comme servant un objectif purement militaire. Les bases sont là pour promouvoir les intérêts économiques et politiques du capitalisme des États-Unis. Par exemple, les entreprises et le gouvernement étatsuniens ont déjà manifesté un vif intérêt pour construire un corridor sécuritaire pour le pétrole et le GAZ NATUREL
du bassin de la mer Caspienne en Asie centrale en passant par l’Afghanistan, le Pakistan et la mer d’Arabie (carte 6). Cette région ne contiendrait que 6% des réserves de pétrole connues et 40% des réserves de gaz. La guerre d’occupation de l’Afghanistan et la construction de bases militaires des U.S.A. en Asie centrale sont considérées comme une occasion propice pour faire de ce pipeline une réalité».
Les USA sont en guerre en Afghanistan et en Irak pour cette raison fondamentale et ils veulent poursuivre ces opérations jusqu’à l’atteinte de leurs objectifs. Selon les données de l’Encyclopédie libre Wikipédia, les troupes étatsuniennes déployées dans ces pays totalisent près de 190 000 militaires. L’Opération «Enduring Freedom», en Irak seulement est menée avec près de 200 000 effectifs en incluant les 26 000 soldats des autres pays qui participent à la «mission». Une vingtaine de milles pourraient se joindre aux autres contingents dans les prochains mois. En Afghanistan, on dénombre la présence de 25 000 militaires au total (cartes 6 et 7).
VI. Des bases militaires pour le contrôle des ressources renouvelables stratégiques
Selon la liste dressée par l’encyclopédie libre Wikipédia, les bases militaires étatsuneinnes à l’étranger, héritage de la Guerre froide, étaient situées principalement en Europe de l’Ouest dont 26 en Allemagne, huit en Grande Bretagne et huit en Italie. À ces bases on pouvait ajouter neuf installations au Japon.
Au cours des dernières années et ce, dans le contexte de la guerre contre «la terreur» les USA ont initié la construction de 14 nouvelles bases autour du Golfe persique un PLAN DE CONSTRUCTION
ou de renforcement de 20 bases (106 installations au total) en Irak pour des dépenses totales de 1 100 milliards de dollars dans ce seul pays (Varea, 2007) et l’utilisation d’une dizaine de bases en Asie centrale. Ils ont aussi entrepris ou poursuivi des négociations avec plusieurs pays pour installer, acquérir, agrandir ou louer d’autres bases et, notamment, avec le Maroc, l’Algérie, la République du Mali, le Ghana (Ghana WEB. 2006), le Brésil, l’Australie (Nicholson, B., 2007), la Pologne, la République tchèque (Traynor, I., 2007), l’Ouzbékistan, le Tadjikistan, le Kirghizstan, l’Italie (Jucca, L., 2007) et la France avec un accord pour s’installer à Djibouti (Manfredi, E., 2007). Toutes ces démarches s’inscrivent dans la perspective de mettre en place une série de bases dans un corridor est/ouest entre la Colombie, le Maghreb, le Proche Orient, l’Asie centrale jusqu’aux Philippines que les Étatsuniens ont appelé «arc d’«instabilité» (Johnson, C., 2004) ainsi que de d’assurer un accès facile et permanent aux ressources hydriques et biologiques de grande valeur comme celles du bassin amazonien (Delgado Jara, D., 2006 et cartes 9 et 10).
VII. Les mouvements de résistance
À l’instar de l’opposition traditionnelle organisée et conduite par les organisations pacifistes et anti-guerre dans le monde au cours des 40 dernières années la redéfinition du réseau des bases militaires étatsuniennes commandées par un redéploiement des forces armées en fonction de la localisation des ressources stratégiques traditionnelles et des ressources renouvelables de grande valeur suscite de nombreuses manifestations d’opposition et de résistance. On a pu l’observer récemment en Espagne, en Équateur, en Italie, au Paraguay, en Ousbékistan, en Bulgarie et dans plusieurs autres pays. Ces manifestations se sont ajoutées aux mouvements de résistance de longue date développés en Corée du Sud, à Puerto Rico, à Guam, aux Philippines, à Cuba, en Europe, au Japon et ailleurs.
Un mouvement mondial de résistance à la présence de bases militaires à l’étranger a pris naissance et s’est développé au cours des dernières années. Il s’agit de NO BASES ou du Réseau international pour l’abolition des bases militaires étrangères
Ce réseau a pour objectif de poursuivre le processus de désarmement et de démilitarisation de la planète et principalement celui du démantèlement des bases militaires étrangères. Il regroupe les organisations qui font la promotion de la paix établie par la démocratie PARTICIPATIVE
et la justice sociale. Le Réseau No Bases organise des campagnes d’éducation et de sensibilisation du public en mobilisant, en ce sens, les forces vives de la société civile. Il travaille aussi aux travaux de réhabilitation des sites militaires abandonnés comme c’est le cas, notamment, en Europe de l’Ouest.
Jusqu’en 2004, ces campagnes ont eu avant tout une portée locale et nationale. Le Réseau permettra désormais de s’étendre à l’échelle du Globe, car comme le souligne le Réseau lui-même «il est très important de développer des liens plus forts et plus étroits entre les campagnes ayant un impact local et celles qui mobilisent un pays tout entier ou celles qui peuvent avoir une portée mondiale. Les groupes locaux à travers le monde peuvent s’inspirer et tirer des bénéfices en partageant de l’information, des expériences et des stratégies».
Le Réseau ajoute : «Le fait de prendre conscience qu’on n’est pas seul dans la lutte contre les bases étrangères est un facteur qui renforce et motive les acteurs. Les activités et campagnes dont la coordination est mondiale permettent de faire connaître davantage la portée et l’importance de la résistance à la présence militaire étrangère à travers le monde. Dans la conjoncture actuelle où l’on assiste à un processus plus intense de militarisation et de recours à la force dans le monde on éprouve un besoin urgent et pressant d’établir et de renforcer le réseau international des militants,des organisations et des mouvements qui portent une attention particulière à la présence militaire étrangère et qui travaillent à l’établissement d’un système de justice et de paix».
Pour le Réseau, les guerres en Afghanistan et en Irak et la militarisation et la surveillance accrue des gouvernements et des activités de la société civile par les États-Unis constituent un momentum favorable au renforcement des mouvements de résistance: «Lors d’une RENCONTRE
internationale anti-guerre tenue à Jakarta en mai 2003, quelques semaines après le début de l’invasion de l’Irak, une campagne globale contre les bases militaires a été proposée comme une action à prioriser pour les mouvements globaux anti-guerre, de justice et de solidarité».
Depuis lors, cette campagne a pris de l’ampleur. Une liste d’adresses courriels a été ÉTABLIE
(nousbases@lists.riseup.net et nousbases-info@lists.riseup.net) qui permet la diffusion des expériences des membres du mouvement et des échanges d’informations et de discussions. Cette liste est formée maintenant de 300 personnes et d’organisations en provenance de 48 pays.
Un site Internet permet aussi d’informer adéquatement l’ensemble des membres du Réseau. De nombreuses rubriques fournissent une information précieuse sur les activités qui se déroulent un peu partout dans le monde.
Le Réseau est de plus en plus actif et PARTICIPE
, ainsi, aux Forums sociaux continentaux ou mondiaux et organise des conférences et colloques. Il a participé au Forum social européen à Parisen 2003, et à Londres en 2004, au Forum social des Amériques en Équateur en 2004 et à celui de la Méditerranée en Espagne en 2005. L’un des rassemblements majeurs fut celui qui s’est tenu à Mumbai, en Inde, en 2004 dans les cadres du Forum social mondial. Plus de 125 PARTICIPANTS
en provenance de 34 pays ont posé les fondements d’une campagne globale coordonnée. Des priorités d’action ont été établies comme celle de fixer un jour donné pour une Action globale visant à souligner les enjeux entourant la présence des bases militaires à l’étranger. Enfin, il importe de mentionner que le Réseau a tenu quatre séances de discussions au Forum social de Porto Alegre en 2005 dont l’une a porté sur le financement des activités du Réseau.
Il convient de rappeler que le Réseau s’inscrit nettement dans le mouvement pacifiste global. Il a permis de faire comprendre davantage à ce mouvement l’importance de la problématique de la présence des bases militaires à l’étranger et qu’il importe que les organismes de justice et de paix lui portent une plus grande attention.
La pertinence du débat entourant la présence des bases militaires à l’étranger n’est plus à démontrer. Les fonctions attribuées à la base de Guantanamo qui échappent au contrôle du droit international, les enjeux autour des projets d’expansion de la puissance militaire des USA au Moyen Orient et en Asie centrale, la vive opposition populaire aux VISÉES
étatsuniennes dans la région andine en Amérique du Sud (carte 11) de même que celle que l’on observe au Japon autour des bases de Henoko et d’Okinawa, etc. nous interpellent et exigent une action globale concertée contre cette occupation inscrite dans le concept de la «Permanent War».
La conférence internationale de Quito et de Manta, Équateur, mars 2007
Une conférence mondiale du réseau pour l’abolition des bases militaires étrangères a eu lieu à Quito et à Manta, Équateur, du 5 au 9 mars 2007. La conférence a eu pour objectif de souligner les impacts politiques, sociaux, environnementaux et économiques des bases militaires étrangères et de faire connaître les principes des mouvements anti-bases, et construire formellement le réseau, ses stratégies, structure et plans d’action.
Les objectifs principaux de la conférence furent:
- Analyser le rôle des bases militaires étrangères et d’autres formes de présence militaire dans la stratégie de domination globale et ses impacts sur la population et l’environnement;
- Partager des expériences, de solidarité avec les luttes de résistance contre les bases militaires étrangères dans le monde;
- Atteindre un consensus sur des mécanismes d’objectifs, de plans d’action, de coordination, de communication et de prise de décision pour un réseau global pour l’abolition de toutes les bases militaires étrangères et d’autres formes de présence militaire;
- ÉTABLIR
des luttes et des plans d’action globaux qui renforcent les luttes de gens du pays et assurent leur coordination à l’échelle internationale.
Conclusion
Cet article a permis de constater combien l’emprise de la puissance militaire des États-Unis dans le monde est considérable et ne cesse d’augmenter. Les Étatsuniens considèrent la surface terrestre comme un terrain à conquérir, à occuper et à exploiter. La division du monde en unités de combat et de commandement illustre fort bien cette réalité. Dans ce contexte, il nous semble que l’humanité se trouve ainsi contrôlée voire attachée à des chaînes dont les maillons constituent les bases militaires.
Le processus de redéploiement des installations militaires en cours doit être analysé de façon minutieuse si l’on veut comprendre les stratégies d’intervention de Washington dans toutes les régions du monde. Ce processus est conduit sous la gouverne de la force, de la violence armée, de l’intervention à travers des accords de «coopération» dont les velléités de conquête sont sans cesse réaffirmées dans le design des pratiques du commerce et des échanges. Le développement économique est ASSURÉ
par la militarisation ou le contrôle des gouvernements et des sociétés et des ressources immenses sont sacrifiées pour permettre ce contrôle dans la plupart des régions dotées de richesses stratégiques pour consolider les bases de l’Empire.
La mise sur pied du Réseau international pour l’abolition des bases militaires étrangères s’avère un moyen extraordinaire pour lutter contre le processus de militarisation de la Planète. Ce réseau est indispensable et son développement ne pourra se faire sans une adhésion ou un engagement de tous les peuples du monde. Ce sera extrêmement difficile de les mobiliser, mais les liens créés par ce réseau seront favorables à des luttes concertées à l’échelle mondiale.
En terminant, il convient de revoir les termes de la Déclaration finale de la 2ième Conférence internationale contre les bases militaires étrangères qui s’est tenue à La Havane en novembre 2005,déclaration formulée par les délégués de 22 pays ). Celle-ci cerne les enjeux majeurs entourant l’avenir de l’humanité et constitue un Appel à la solidarité internationale pour le désarmement et la paix.
Jules Dufour, Ph.D., est Président de l’Association canadienne pour les Nations Unies (ACNU) /Section Saguenay-Lac-Saint-Jean, membre du Cercle universel des Ambassadeurs de la Paix, membre du Conseil national de Développement & Paix.
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http://www.visionesalternativas.com/militarizacion/mapas/mapapetrol.htm
Peter Dale Scott s’exprime à propos du gouvernement des Etats-Unis
Partager la publication "Peter Dale Scott s’exprime à propos du gouvernement des Etats-Unis"
Dans un ouvrage enfin disponible en français, le professeur Peter Dale Scott retrace l’histoire de « l’État profond » aux États-Unis, c’est-à-dire de la structure secrète qui pilote la politique extérieure et de Défense au-delà de l’apparence démocratique. Cette étude est l’occasion de mettre en lumière le groupe qui a organisé les attentats du 11 septembre 2001 et qui se finance via le trafic mondial des drogues. Ce livre de référence est d’ores et déjà conseillé à la lecture dans les académies militaires et diplomatiques.
Question :
Peter Dale Scott :
J’ai défini la politique profonde comme étant l’ensemble des pratiques et des dispositions politiques, intentionnelles ou non, qui sont habituellement critiquées ou tues dans le discours public plus qu’elles ne sont reconnues. Donc l’expression « État profond » –inventée en Turquie– ne vient pas de moi. Elle se réfère à un gouvernement parallèle secret organisé par les appareils militaires et de renseignement, financé par la drogue, qui s’engage dans des violences illicites afin de protéger le statut et les intérêts de l’armée contre les menaces qu’incarnent les intellectuels, les religieux et occasionnellement le gouvernement constitutionnel. Dans La Route vers le Nouveau Désordre Mondial, j’adapte quelque peu cette expression pour me référer à l’interface plus large, aux États-Unis, entre l’État public constitutionnellement établi
d’une part, et les forces profondes en arrière plan de celui-ci : les forces de la richesse, du pouvoir et de la violence situées en dehors du gouvernement. Nous pourrions appeler cette interface la « porte de derrière » de l’État public, donnant accès à des forces obscures situées hors du cadre légal. L’analogie avec la Turquie n’est pas parfaite, car ce que nous pouvons observer aujourd’hui aux États-Unis est moins une structure parallèle qu’une vaste zone ou milieu d’interactions entre l’État public et des forces obscures invisibles. Mais cette interaction est considérable, et nous avons besoin d’une appellation telle qu’« État profond » pour la décrire. »
- »Votre ouvrage, La Route vers le Nouveau Désordre Mondial, a été écrit lorsque le régime Bush était en place, puis réactualisé pour les besoins de la traduction française ; selon vous, l’État profond a-t-il été affaibli au profit de l’État public suite à l’élection de Barack Obama, ou au contraire s’est-il renforcé avec la crise et l’administration actuelle ? »
À l’image de Lyndon Johnson avant lui, le Président est à présent piégé dans un bourbier qu’il n’ose pas perdre, et qui menace de s’étendre au Pakistan autant qu’au Yémen, sinon au-delà. Je suspecte que les forces profondes qui dominent les deux partis politiques sont maintenant si puissantes, si affluentes, et par dessus tout si investies dans les profits générés par la guerre, qu’un président est plus loin que jamais de remettre en cause ce pouvoir, même s’il devient de plus en plus clair que l’ère de domination mondiale des États-Unis, comme celle de la Grande-Bretagne auparavant, est sur le point d’arriver à son terme.
Dans ce contexte Obama, sans débat ou révision, a prolongé l’état d’urgence intérieur proclamé après le 11 septembre 2001, avec les drastiques limitations des droits civils que cela implique. Ainsi, en septembre 2010, le FBI a pris d’assaut les bureaux de défenseurs pacifiques des droits de l’homme à Minneapolis et à Chicago, se basant sur un récent jugement de la Cour Suprême en vertu duquel l’expression et l’activisme non-violents relevant du Premier Amendement constituent des crimes s’ils sont « coordonnés avec » ou « sous la direction » d’un groupe étranger désigné comme « terroriste ». Il doit alors être relevé qu’en 9 ans, le Congrès ne s’est pas une seule fois réuni pour débattre de l’état d’urgence décrété par George W. Bush en réponse au 11 septembre 2001, un état d’urgence qui demeure donc effectif aujourd’hui. En 2009, l’ancien député au Congrès Dan Hamburg et moi-même avons publiquement fait appel à la fois au Président Obama pour qu’il mette un terme à cette urgence, et au Congrès pour qu’il tienne les audiences requises par son statut. Mais Obama, sans discuter
, a prolongé à nouveau l’urgence du 11 septembre 2001 le 10 septembre 2009, et une nouvelle fois l’année suivante. Entre-temps, le Congrès a continué d’ignorer ses obligations statutaires.
Un député du Congrès a expliqué à l’un de ses administrés que les provisions du National Emergencies Act ont maintenant été rendues inopérantes par la COG (Continuity of Government), un programme ultrasecret destiné à organiser la direction de l’État dans le cas d’une urgence nationale. Le programme de la COG fut partiellement mis en œuvre le 11 septembre 2001 par Dick Cheney, l’un des principaux architectes de ce programme développé dans un comité opérant en dehors du gouvernement régulier depuis 1981 [NdT : voir plus bas pour plus de détails au sujet de la COG]. S’il est vrai que les dispositions du National Emergencies Act ont été rendues inopérantes par la COG, cela indiquerait que le système constitutionnel de contre-pouvoirs ne s’applique plus aux États-Unis, et que les décrets secrets priment dorénavant sur la législation publique. »
- »Dans ce contexte, pourquoi le Congrès des États-Unis ne joue-t-il pas son rôle dans la limitation des pouvoirs secrets qui fut mise en place après le Watergate ? Quelles furent les conséquences de l’éviction de Nixon et du renforcement de la supervision du Congrès sur les opérations secrètes des services de renseignement des États-Unis ? »
Cette lutte bureaucratique et idéologique fut simultanément une lutte entre les modérés et les militaristes pour le contrôle du parti Républicain. Ceci culmina dans la chute de Nixon et la redirection graduelle de la politique étrangère des États-Unis —durant la présidence Ford— de la coexistence pacifique avec l’Union soviétique vers des plans d’affaiblissement, puis de destruction, sous Ronald Reagan, de ce que ce dernier appela « l’Empire du Mal ». Ainsi, en octobre 1975, l’implication très probable de Dick Cheney et de Donald Rumsfeld dans la révolution de palais connue par les historiens sous le nom de « Massacre d’Halloween » signifia la défaite du républicanisme modéré de Nelson Rockefeller. Essentiellement, elle signifia la réorganisation de l’équipe de Ford préparant la fin de la détente.
Dick Cheney et Donald Rumsfeld, dirigeant alors l’équipe de la Maison Blanche du Président Gerald Ford et contrôlant le secrétariat à la Défense, jouèrent un rôle décisif dans le triomphe ultime des Prussiens en éloignant Henry Kissinger et en nommant George H.W. Bush en tant que directeur de la CIA, où il mit sur pied une nouvelle estimation, plus alarmiste, de la menace soviétique (d’où l’explosion correspondante des budgets de défense et le sabordage de la détente). Depuis lors, nous avons pu observer une influence de plus en plus importante sur l’économie politique des États-Unis de ce que Dwight D. Eisenhower appela le « complexe militaro-industriel » dans son discours historique de fin de mandat prononcée le 17 janvier 1961.
Aujourd’hui, nous sommes sous un état d’urgence nouveau et étendu, et la supervision par le Congrès des opérations secrètes de l’État profond des États-Unis est devenue presque inexistante. Par exemple, la supervision juridiquement mandatée par le Congrès des opérations secrètes de la CIA a été évitée avec succès par la création en 1981 du Joint Special Operations Command (JSOC) au Pentagone, qui incorpore simplement du personnel de la CIA dans ses opérations. Le JSOC, aujourd’hui connu sous l’appellation Special Operations Command, est devenu le centre des opérations secrètes du Pentagone, comme celles conduites sous la direction du général Stanley McChrystal avant qu’il ne soit nommé commandant des forces armées de l’OTAN en Afghanistan. »
- »Vous avez brièvement évoqué le rôle important de George Bush senior dans le sabordage de la détente voulue par Henry Kissinger. M. Bush a pourtant passé une très brève période à la tête de la CIA. Est-ce que le remplacement de George H.W. Bush par l’amiral Stansfield Turner, plus modéré, à la tête de cette agence, a accru le contrôle des opérations secrètes menées par différents éléments de l’État profond des États-Unis ? »
La décennie suivante, marquée par l’implication secrète de la CIA en Afghanistan, fut déterminante dans la conversion de ce pays en un vivier de la culture de pavot, du trafic d’héroïne et de l’islamisme jihadiste. À ce sujet, il existe de très bons livres qui furent publiés il y a quelques années —l’un par Tim Weiner, l’autre par John Prados. Mais du fait qu’ils se sont adressés à des officiers de la CIA qui leur ont montré seulement une poignée de documents récemment déclassifiés, ces auteurs ne parlent pas de la drogue dans ces livres. La connexion narcotique est si profonde qu’elle n’est pas mentionnée dans les documents de la CIA rendus publics. Mais la collaboration de la CIA dirigée dès 1981 par William Casey avec la banque de la drogue appelée Bank of Credit and Commerce International (BCCI) encouragea la création d’une immense narco-économie en Afghanistan, dont les conséquences déstabilisantes contribuent à expliquer pourquoi des soldats de l’OTAN, des Afghans et des Pakistanais meurent quotidiennement dans ces contrées [2]. La BCCI fut une énorme banque de blanchiment des revenus de la drogue. Avec ses budgets, ses ressources, elle corrompait des politiciens de premier plan à travers le monde —des Présidents, des Premiers ministres… Et une part de cet argent sale —on n’en parle pas beaucoup, mais c’est la réalité— atteignait des politiciens aux États-Unis, des politiciens des deux partis, et c’est l’une des principales raisons expliquant pourquoi nous n’avons jamais obtenu une enquête du Congrès visant la BCCI. Il y eut en fait un rapport du Sénat qui fut publié, signé par un Républicain, Hank Brown, et un Démocrate, John Kerry. Et Brown félicita Kerry pour avoir le courage d’écrire ce rapport, alors que tant de personnes dans son parti étaient concernées par la BCCI. Cette dernière fut un facteur prépondérant dans la création de connexions avec des gens comme Gulbuddin Hekmatyar, qui était probablement le principal trafiquant d’héroïne au monde durant les années 1980. Il devint également le premier bénéficiaire des largesses de la CIA, complétées par une somme égale d’argent venant d’Arabie saoudite. Il y a quelque chose de terriblement néfaste dans une telle situation ! »
- »En 1976, Jimmy Carter a été élu en partie sur la base d’un programme de réduction des dépenses militaires et de détente avec l’Union soviétique, qui n’a pas été suivi dans les faits, durant les 4 ans de sa présidence. Pouvez-vous nous expliquer pourquoi ? Est-ce que son conseiller à la Sécurité Nationale Zbigniew Brzezinski —que vous avez évoqué dans votre réponse précédente— a joué un quelconque rôle dans cette politique étrangère nettement plus agressive qu’attendu ? »
En résumé, lorsqu’il a été élu, Carter nomma comme secrétaire d’État un authentique trilatéraliste, Cyrus Vance, et il avait comme conseiller à la Sécurité nationale Zbigniew Brzezinski, qui était déterminé à utiliser l’État profond afin d’infliger autant de dommages qu’il pouvait à l’Union soviétique. Et la majorité de ce qui est perçu comme les « succès » du régime de Reagan eurent clairement leurs origines sous Brzezinski. Ce fut une totale répudiation de ce pourquoi la Commission Trilatérale s’était engagée. Carter —ce pauvre homme— fut élu en promettant des coupes dans le budget de la Défense et, avant qu’il ne soit parti, il avait engagé le département de la Défense dans de massives augmentations budgétaires qui, encore une fois, furent associées à Reagan, mais furent initiées avant lui. Par conséquent, une campagne massive visant à une hausse des budgets de défense —discrètement menée par de riches industriels de l’appareil militaire qui agissaient à travers le Comité sur le Danger Présent— amena l’opinion publique états-unienne à renforcer l’impulsion de Brzezinski pour une présence et une politique étrangère US plus militantes, particulièrement dans l’Océan indien. »
- »Après avoir été un homme très influent auprès du Président Gerald Ford, Dick Cheney —aux côtés de son mentor Donald Rumsfeld et du vice-président George H.W. Bush— a été depuis la présidence Reagan l’un des hommes clés du programme ultra secret de « Continuité du Gouvernement » (Continuity of Government, COG). Pouvez-vous nous expliquer en quoi consiste ce programme ? A-t-il déjà été appliqué, même partiellement ? »
La COG est une autre chose que l’on associe à Reagan, mais ces plans commencèrent en réalité sous Jimmy Carter, même si ce dernier peut ne jamais avoir été au courant de cela. En effet, Carter créa la FEMA [l’Agence fédérale de gestion des situations d’urgence], qui a historiquement toujours été l’infrastructure de planification de la COG. Ce qui est assez choquant, c’est que les plans de la COG sont des plans extrêmes, mais que le Congrès n’en était pas au courant durant les années 1980. Seul un petit groupe —dont faisaient partie Oliver North, Dick Cheney et Donald Rumsfeld— étaient chargés de travailler sur ces plans en vertu d’un ordre exécutif top secret de Reagan émis en 1981, comme expliqué précédemment.
La question de la COG fut pour la première évoquée publiquement, en 1987, durant les auditions relatives à l’affaire Iran-Contra, lorsqu’un député du Congrès nommé Jack Brooks demanda à Oliver North : « Colonel North, dans le cadre de votre travail au Conseil de Sécurité nationale, ne vous a-t-on pas assigné à un moment donné à la planification de la continuité du gouvernement en cas de survenance d’un désastre majeur ? ». Le député du Congrès Brooks ajouta : « J’étais particulièrement préoccupé, M. le président, car j’ai lu dans des journaux de Miami et dans plusieurs autres qu’un plan avait été élaboré, par cette même agence, un plan de contingence en cas d’urgence, lequel suspendrait la Constitution des États-Unis. J’en ai été profondément troublé, et je me suis demandé si c’était un domaine sur lequel il avait travaillé. Je crois que c’est le cas et je voulais avoir cette confirmation ». Le sénateur Inouye, directeur de cette commission d’enquête du Congrès, lui répondit avec une certaine nervosité : « Avec tout le respect que je vous dois, puis-je vous demander de ne pas toucher à ce sujet à ce stade-là ? Si nous désirons l’aborder, je suis certain que des arrangements peuvent être pris pour une session exécutive ». Les questions du député du Congrès Brooks portaient clairement sur la « Continuité du Gouvernement », et ces arrangement pour réunir une session exécutive ne furent jamais entrepris.
Cheney et Rumsfeld —deux figures clés du programme de la COG— continuèrent à participer à ces plans et exercices très onéreux au cours des deux décennies successives, même si, vers la fin des années 1990, ces deux hommes étaient des directeurs d’entreprises privées n’ayant aucune connexion avec le gouvernement. Il a été rapporté que la nouvelle cible remplaçant l’Union soviétique aurait été le terrorisme, mais certains journalistes ont avancé que, dès le début des années 1980, il existait des plans majeurs destinés à faire face au genre de protestations anti-guerre qui, dans l’esprit d’Oliver North et d’autres comme lui, avaient été responsables de la défaite des États-Unis au Vietnam.
Il n’est pas remis en question que, le 11 septembre 2001, les plans de la COG ont été partiellement mis en œuvre, parallèlement à un état d’urgence officiellement proclamé. Celui-ci est toujours en place 9 ans après, au mépris d’une loi post-Watergate appelant soit à une approbation, soit à une cessation d’une urgence nationale par le Congrès tous les 6 mois. Les plans de la COG sont un secret étroitement gardé, mais il y eut, durant les années 1980, des rapports déclarant que ces plans impliquaient la surveillance et la détention sans mandats, ainsi qu’une militarisation permanente du gouvernement. Dans une certaine mesure, ces changements ont été clairement mis en place depuis le 11 septembre 2001.
Il n’existe aucun moyen de déterminer combien de changements constitutionnels survenus depuis le 11 septembre 2001 peuvent trouver leur source dans la planification de la COG. Nous savons cependant que de nouvelles mesures de planification de la COG furent une nouvelle fois instaurées en 2007, lorsque le président Bush a émis la National Security Presidential Directive 51 (Directive Présidentielle de Sécurité Nationale, ou NSPD-51/HSPD-20). Cette directive formulait ce que la FEMA a appelé ultérieurement « une nouvelle vision pour assurer la continuité de notre gouvernement », et a été suivie, en août, par un nouveau National Continuity Policy Implementation Plan (Plan d’Implantation de la Politique de Continuité Nationale). La NSPD-51 a également invalidé la PDD 67, qui était la directive de la COG de la décennie précédente élaborée par Richard Clarke, alors « tsar » du contre-terrorisme aux États-Unis depuis l’ère Clinton. Enfin, la NSPD-51 fit référence à de nouvelles « annexes classifiées sur la continuité », lesquelles doivent « être protégées contre toute divulgation non autorisée ».
Sous la pression de certains de ses administrés mobilisés pour obtenir une véritable enquête sur le 11 septembre 2001, le député au Congrès Peter DeFazio, membre de la Commission sur la Sécurité Intérieure, a demandé à consulter ces annexes à deux reprises. Sa demande a été rejetée la première fois. DeFazio a alors fait une deuxième requête, dans une lettre signée par le président de sa Commission. La demande a été à nouveau rejetée. Une fois de plus, comme je l’ai déclaré dans ma réponse à la seconde question de cet entretien, cela indiquerait que le système constitutionnel de contre-pouvoirs ne s’applique plus aux États-Unis, et que les décrets secrets priment dorénavant sur la législation publique. »
- »Dans La Route vers le Nouveau Désordre Mondial, vous affirmez que la Commission nationale d’enquête sur le 11 septembre 2001 —dont les membres furent nommés par le cabinet de George W. Bush, et dont le rapport final fut rédigé par l’équipe du directeur exécutif Philip Zelikow— a procédé à des dissimulations récurrentes au sujet du 11 septembre 2001, notamment en ce qui concerne les actions de Dick Cheney ce matin-là. Pouvez-vous éclairer nos lecteurs sur ce point précis ? »
- »Une grande partie de La Route vers le Nouveau Désordre Mondial —un ouvrage vraiment très riche par le nombre et l’importance des sujets abordés— traite de la géopolitique du pétrole, de la drogue et de l’armement et la manière dont elle est menée par l’État profond des États-Unis en Asie centrale ainsi qu’au Moyen-Orient depuis la présidence Carter. Sachant que la « guerre contre le terrorisme » perdure et s’étend aujourd’hui dans plus d’une soixantaine de pays (principalement par le biais d’opérations secrètes), quels sont, selon vous, les véritables origines et objectifs de celle-ci ? »
Depuis la Seconde Guerre mondiale, chacune de ces escalades a été conduite par un lobby de la Défense financé à l’origine par le complexe militaro-industriel, et à présent par une demi-douzaine de fondations de droite disposant de fonds illimités. Au fil du temps, leur personnel a migré d’un groupe à un autre —l’American Security Council, le Comité sur le Danger Présent, le Projet pour le Nouveau Siècle Américain et aujourd’hui le Center for Security Policy (CSP) [3]. Mais leurs objectifs se sont élargis au fil des ans, de maximaliser la présence militaire états-unienne jusqu’à restreindre les libertés individuelles afin d’empêcher la résurgence de tout mouvement anti-guerre aux États-Unis. (Je traite de l’expansion de cette faction de la Défense dans mon livre le plus récent, American War Machine).
Cet ordre du jour embrasse de plus en plus le Maccarthysme, pour ne pas dire le fascisme. Un certain nombre de groupes sont en train de nourrir une hystérie islamophobe rappelant l’hystérie anticommuniste des années 1950, appelant à une guerre apparemment sans fin contre l’islam. Par exemple le CSP a récemment publié un document intitulé Shariah, The Threat to America [4], proclamant que la sharia est « la menace totalitaire prééminente de notre époque », avec des mises en garde alarmistes au sujet d’un « jihad infiltré » et d’un « jihad démographique ». »
- »Cette « guerre contre le terrorisme » –dont les véritables fondements et enjeux sont loin d’être explicités par les gouvernements des pays membres de l’OTAN– a été initiée, en 2001, en Afghanistan. Dans cet État, de puissants chefs de guerre alliés aux États-Unis dans les années 1980 (lorsque les moudjahidines combattaient les troupes soviétiques) sont aujourd’hui des acteurs prééminents du conflit en « AfPak » (l’entité géopolitique qui regroupe l’Afghanistan et le Pakistan). Prenons l’exemple symbolique de Gulbuddin Hekmatyar : les opinions publiques des pays de l’OTAN ne semblent pas véritablement réaliser qui est M. Hekmatyar. Pouvez-vous nous renseigner à son sujet ? Selon vous, en quoi symbolise-t-il le danger que représente une politique étrangère US qui, par manque de contrôle législatif et de visibilité publique, a notamment mené à l’explosion du trafic de drogue global ? »
- »En conclusion, au vu de la situation financière, économique, politique, sociale et même morale aux États-Unis comme dans de nombreux pays à travers le monde, êtes-vous confiant dans l’avenir ? Voyez-vous des signes encourageants d’une plus grande influence de ce que vous appelez la « volonté prévalente des peuples » dans la prise de décision politique –un processus qui est aujourd’hui plus oligarchique qu’il ne l’a jamais été ? »
Dans mon livre, La Route vers le Nouveau Désordre Mondial, je défends le fait que des changements sociaux majeurs sont possibles, lorsque l’oppression mène à la formation d’une opinion publique unie –ou de ce que j’appelle « la volonté prévalente des peuples »– en opposition à cette oppression. Je fais référence à des exemples tels que le mouvement des droits civiques dans le sud des États-Unis, ou le mouvement polonais Solidarnosc. Des développements technologiques tels que l’Internet ont plus que jamais rendu facile l’union des personnes, sur le plan national autant qu’international. Néanmoins, la technologie a également affiné les instruments autoritaires de surveillance et de répression, rendant la mobilisation activiste plus difficile qu’auparavant. Par conséquent, l’avenir est très incertain ; on pourrait dire que le système global actuel est plus instable qu’il ne l’a jamais été, et qu’il est possible qu’une forme d’épreuve de force puisse le changer.
Quoi qu’il en soit, je suis convaincu que nous vivons une période particulièrement stimulante. La jeunesse devrait continuer de se joindre comme elle l’a toujours fait à des mouvements aspirant au changement social, et à créer de nouveaux lieux propices à l’échange global. Et, par dessus tout, il n’y a aucune excuse pour le désespoir. »
- »Nous vous remercions pour ces réponses éclairantes, Professeur Scott. Nous souhaitons que votre premier livre traduit en français connaisse auprès du public francophone le large succès qu’il mérite. »
voltairenet Traduction Maxime CHAIX
Notes :
[1] Les armées secrètes de l’OTAN, par Danièle Ganser, éditions Demi-Lune, 2007. Voir le chapitre 17 « La guerre secrète en Turquie ».
[2] « L’opium, la CIA et l’administration Karzai », par Peter Dale Scott, Réseau Voltaire, 10 décembre 2010.http://www.voltairenet.org/article167734.html
[3] Os Senhores da Guerra, par Thierry Meyssan, éditions Frenesi (Lisbonne), 2002. Version française abrégée : « Les marionnettistes de Washington », Réseau Voltaire, 13 novembre 2002. http://www.voltairenet.org/article8707.html
[4] « Le Center for Security Policy relance la « guerre des civilisations » », Réseau Voltaire, 5 janvier 2011.http://www.voltairenet.org/article168009.html
CORRUPTION : LA MARINE AMÉRICAINE EST SECOUÉE PAR UN SCANDALE
· par avic · dans Divers, Géopolitique. ·
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Prostituées et billets verts contre informations et surfacturations : la Marine américaine est confrontée à une affaire de corruption qui prend de l’ampleur et implique des officiers supérieurs, avec en toile de fond les énormes besoins logistiques de la US Navy.
L’enquête du NCIS, les limiers de la Marine, a débuté mi-2010, mais les premières inculpations remontent à ces dernières semaines et plusieurs responsables de la Navy prédisent de nouvelles arrestations. Au centre de l’affaire, un homme d’affaires malaisien âgé de 49 ans installé à Singapour : Leonard Francis, surnommé « Fat Leonard » pour son tour de taille généreux, arrêté, en septembre 2013, en Californie et placé en détention provisoire depuis. L’homme dirige Glenn Defense Marine Asia (GDMA), un avitailleur pour les navires américains lorsqu’ils font escale dans les ports d’Asie du Sud-Est et du Pacifique. GDMA se charge notamment de les approvisionner en nourriture, eau et carburant, de fournir des remorqueurs ou encore de récupérer les eaux usées et les ordures. Les sommes en jeu sont importantes : en juillet 2011, la société a remporté un contrat de cinq ans pour un montant de 200 millions de dollars. Leonard Francis et le numéro deux de GDMA Alex Wisidagama sont soupçonnés d’avoir corrompu plusieurs officiers, commandants de navires ou responsables logistiques et d’avoir surfacturé certaines de leurs prestations.
Parmi eux figure le commandant Jose Luis Sanchez, chargé de la logistique auprès de la VIIe flotte, responsable du Pacifique. Il est soupçonné d’avoir perçu 100000 dollars, et bénéficié des services de prostituées et de voyages payés par Leonard Francis, notamment contre des informations sur les mouvements de navires, dont certains sont classifiés. Dans un courriel du 20 octobre 2011, Leonard Francis demande par exemple au commandant Sanchez de s’arranger pour que l’USS Mustin, un destroyer qui s’apprêtait à faire escale dans un port thaïlandais, ne soit pas ravitaillé en carburant avec des cartes prépayées, à un tarif négocié à l’avance, mais que la mission soit confiée à GDMA. Pour un prix d’un million de dollars, soit le double de ce qui aurait été versé avec les cartes prépayées. « Avant même que tu ne le demandes, tes souhaits ont été exaucés. On s’en est chargé ce matin », lui répond l’officier. Une autre série de courriels en octobre 2009 détaille les préparatifs d’un voyage de l’officier à Kuala Lumpur avec des amis aux frais de GDMA. « Je vais vous trouver un nid les gars et quelques oiseaux », lui promet l’homme d’affaires, en allusion aux prostituées. Un ancien commandant de l’USS Mustin, Michael Vannak Khem Misiewicz, a lui aussi été inculpé pour corruption. Cet homme âgé de 46 ans, qui avait fui le Cambodge des Khmers rouges alors qu’il était enfant et été adopté aux États-Unis, était considéré comme une étoile montante de la Marine. En tant que responsable logistique, il est soupçonné d’avoir redirigé les navires vers certaines escales où GDMA pouvait surfacturer ses prestations. Un troisième commandant, Daniel Dusek, est également inquiété et a été relevé de son commandement début octobre 2013. Un officier du NCIS, John Bertrand Beliveau, a de son côté été inculpé pour avoir renseigné Leonard Francis sur les avancées de l’enquête. Et, vendredi 8 novembre, ce sont le vice-amiral Ted Branch, directeur du renseignement naval, et le contre-amiral Bruce Loveless, directeur des opérations de renseignement, qui ont été inquiétés. Leur rôle n’a pas été précisé, mais la Navy a annoncé la suspension de leur accès aux informations classifiées le temps de l’enquête.
Un haut responsable de la Marine a confié à l’AFP craindre que cette affaire n’atteigne une ampleur comparable à celle du « Tailhook scandal », en 1991. Une centaine d’aviateurs de la Marine avaient alors été impliqués dans une affaire d’agressions sexuelles perpétrées à l’occasion d’une convention de leur association à Las Vegas, qui avait longtemps ébranlé la Navy.
Mathieu RABECHAULT
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Prostituées et billets verts contre informations et surfacturations : la Marine américaine est confrontée à une affaire de corruption qui prend de l’ampleur et implique des officiers supérieurs, avec en toile de fond les énormes besoins logistiques de la US Navy.
L’enquête du NCIS, les limiers de la Marine, a débuté mi-2010, mais les premières inculpations remontent à ces dernières semaines et plusieurs responsables de la Navy prédisent de nouvelles arrestations. Au centre de l’affaire, un homme d’affaires malaisien âgé de 49 ans installé à Singapour : Leonard Francis, surnommé « Fat Leonard » pour son tour de taille généreux, arrêté, en septembre 2013, en Californie et placé en détention provisoire depuis. L’homme dirige Glenn Defense Marine Asia (GDMA), un avitailleur pour les navires américains lorsqu’ils font escale dans les ports d’Asie du Sud-Est et du Pacifique. GDMA se charge notamment de les approvisionner en nourriture, eau et carburant, de fournir des remorqueurs ou encore de récupérer les eaux usées et les ordures. Les sommes en jeu sont importantes : en juillet 2011, la société a remporté un contrat de cinq ans pour un montant de 200 millions de dollars. Leonard Francis et le numéro deux de GDMA Alex Wisidagama sont soupçonnés d’avoir corrompu plusieurs officiers, commandants de navires ou responsables logistiques et d’avoir surfacturé certaines de leurs prestations.
Parmi eux figure le commandant Jose Luis Sanchez, chargé de la logistique auprès de la VIIe flotte, responsable du Pacifique. Il est soupçonné d’avoir perçu 100000 dollars, et bénéficié des services de prostituées et de voyages payés par Leonard Francis, notamment contre des informations sur les mouvements de navires, dont certains sont classifiés. Dans un courriel du 20 octobre 2011, Leonard Francis demande par exemple au commandant Sanchez de s’arranger pour que l’USS Mustin, un destroyer qui s’apprêtait à faire escale dans un port thaïlandais, ne soit pas ravitaillé en carburant avec des cartes prépayées, à un tarif négocié à l’avance, mais que la mission soit confiée à GDMA. Pour un prix d’un million de dollars, soit le double de ce qui aurait été versé avec les cartes prépayées. « Avant même que tu ne le demandes, tes souhaits ont été exaucés. On s’en est chargé ce matin », lui répond l’officier. Une autre série de courriels en octobre 2009 détaille les préparatifs d’un voyage de l’officier à Kuala Lumpur avec des amis aux frais de GDMA. « Je vais vous trouver un nid les gars et quelques oiseaux », lui promet l’homme d’affaires, en allusion aux prostituées. Un ancien commandant de l’USS Mustin, Michael Vannak Khem Misiewicz, a lui aussi été inculpé pour corruption. Cet homme âgé de 46 ans, qui avait fui le Cambodge des Khmers rouges alors qu’il était enfant et été adopté aux États-Unis, était considéré comme une étoile montante de la Marine. En tant que responsable logistique, il est soupçonné d’avoir redirigé les navires vers certaines escales où GDMA pouvait surfacturer ses prestations. Un troisième commandant, Daniel Dusek, est également inquiété et a été relevé de son commandement début octobre 2013. Un officier du NCIS, John Bertrand Beliveau, a de son côté été inculpé pour avoir renseigné Leonard Francis sur les avancées de l’enquête. Et, vendredi 8 novembre, ce sont le vice-amiral Ted Branch, directeur du renseignement naval, et le contre-amiral Bruce Loveless, directeur des opérations de renseignement, qui ont été inquiétés. Leur rôle n’a pas été précisé, mais la Navy a annoncé la suspension de leur accès aux informations classifiées le temps de l’enquête.
Un haut responsable de la Marine a confié à l’AFP craindre que cette affaire n’atteigne une ampleur comparable à celle du « Tailhook scandal », en 1991. Une centaine d’aviateurs de la Marine avaient alors été impliqués dans une affaire d’agressions sexuelles perpétrées à l’occasion d’une convention de leur association à Las Vegas, qui avait longtemps ébranlé la Navy.
Mathieu RABECHAULT
Le coup de fil du patron de Facebook à Obama contre la surveillance d'internet
Mark Zuckerberg a publié un message sur son compte Facebook, après s'être entretenu avec Barack Obama. Il regrette que le gouvernement américain représente "une menace" pour internet.
Conversation téléphonique au sommet. Le PDG du réseau social Facebook, Mark Zuckerberg, a averti jeudi 13 mars que le gouvernement américain minait la confiance en internet, et n'en faisait pas assez pour rassurer le public sur la liberté et la sécurité en ligne. "J'ai appelé le président Obama pour exprimer ma frustration quant aux dommages créés par le gouvernement pour notre avenir à tous", écrit-il dans un message publié sur sa page Facebook personnelle (lien en anglais)."Malheureusement, on dirait qu'il va falloir beaucoup de temps pour une vraie réforme."
Le coup de colère du fondateur du premier réseau social mondial en ligne illustre les tensions croissantes entre le secteur technologique et le gouvernement américain aprèsune série de révélations sur de vastes programmes de surveillance mis en place par les agences de renseignements. "Le gouvernement américain devrait être un champion pour internet, pas une menace. Ils doivent être plus transparents sur ce qu'ils font, ou sinon les gens imagineront le pire", prévient Mark Zuckerberg.
"Internet fonctionne parce que la plupart des gens et des entreprises font la même chose. Nous coopérons pour créer un environnement sûr et rendre l'espace que nous partageons encore meilleur", ajoute Mark Zuckerberg. "C'est pourquoi je suis si troublé et si frustré par les rapports répétés sur le comportement du gouvernement américain. Quand nos ingénieurs travaillent sans relâche pour améliorer la sécurité, nous pensons protéger contre des criminels, pas contre notre propre gouvernement."
Ukraine et troisième guerre mondiale: l’échec du leadership allemand – Paul Craig Roberts
Merkel la marionnette
Washington, favorisé par ses marionnettes conciliantes mais stupides de l’OTAN, pousse la situation en Ukraine un peu plus près de la guerre. La Chancelière allemande Merkel a laissé tomber son pays, l’Europe et la paix mondiale. L’Allemagne est la force de l’Europe et de l’OTAN. Si Merkel avait dit « Non » aux sanctions contre la Russie, cela aurait été la fin de cette crise que fomente Washington, une crise qui ne se terminera probablement pas sauf dans la guerre. Mais Merkel a renoncé par écrit à la souveraineté de la nation allemande et délégué le sort de l’Allemagne à une province de l’Empire américain. C’est ainsi que Merkel et son commandement allemand affaibli ont livré le monde à la guerre. Déjà responsable de la Première et de la Seconde Guerre mondiales, l’Allemagne sera responsable de la Troisième Guerre mondiale. Le coup d’Etat ukrainien mal géré de Washington lui a coûté la Crimée, que Washington voulait par-dessus tout, afin de priver la Russie de sa base navale en eaux tempérées dans la Mer Noire. De plus, le renversement mal géré d’un gouvernement élu en Ukraine menace également de perdre les villes russes de l’Ukraine orientale. Comme la Crimée, l’Ukraine orientale est constituée d’anciennes régions russes que Khrouchtchev a collées dans l’Ukraine dans les années 1950. Dans ce qui est manifestement un effort inutile et vain de récupérer la Crimée, Washington exige que la Russie interfère en Crimée et l’empêche de faire sécession avec l’Ukraine. Si le gouvernement russe refuse de suivre les ordres de Washington, cette dernière a annoncé qu’elle infligera des « sanctions préjudiciables » à la Russie. Initialement, les pays européens avaient exprimé leur réticence à suivre Washington, mais avec des pots de vin et des menaces, Washington a conquis Merkel et obtenu que ses marionnettes européennes s’alignent pour suivre les ordres. Washington comprend que les sanctions économiques sont une menace bien plus douce pour la Russie que la perte de sa base navale dans la Mer Noire. Washington comprend également que Poutine ne peut abandonner les millions de Russes à l’Est et dans le Sud-Est de l’Ukraine, livrés à la merci d’un gouvernement anti-russe non-élu imposé par Washington à Kiev. Puisque Washington sait que sa menace de sanctions est creuse, pourquoi ont-elles été lancées ? La réponse est : afin de conduire cette crise à la guerre. Cela fait longtemps que les nazis néoconservateurs de Washington s’agitent en vue d’une guerre contre la Russie. Ils veulent supprimer l’une des trois restrictions restantes (la Russie, l’Iran et la Chine) à l’hégémonie mondiale de Washington. Washington veut casser les BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) avant que ces pays ne forment un bloc monétaire séparé pour éviter d’avoir à utiliser le dollar américain. La Russie ripostera à sa manière aux sanctions de Washington. Les peuples européens, les banques et les entreprises occidentales subiront des pertes. Il faudrait au moins deux ou trois ans pour que Washington mette en place les moyens d’approvisionner l’Europe en gaz naturel américain, obtenu par la fracturation hydraulique et au moyen de la contamination des nappes phréatiques américaines, pour remplacer la réduction de l’approvisionnement énergétique de la Russie vers l’Europe. Les médias gigolos occidentaux dramatiseront la riposte russe aux sanctions et diaboliseront la Russie, tout en ignorant qui a entamé le combat, aidant ainsi Washington à préparer les Américains à la guerre. Alors qu’aucun des deux camps ne peut se permettre de perdre la guerre, les armes nucléaires seront utilisées. Il n’y aura aucun vainqueur. Tout cela est parfaitement clair, exactement comme l’était la conclusion évidente de la marche des évènements qui ont conduit à la Première Guerre mondiale. A présent, comme à l’époque, les gens qui voient cette issue arriver sont impuissants pour la stopper. Les illusions règnent en maître. L’arrogance et la prétention démesurée débordent. Les déclarations et les actes deviennent de plus en plus imprudents, et ensuite il y aura l’enfer pour toute rémunération. Les Américains et les Européens, s’ils avaient la moindre conscience, descendraient violemment dans la rue pour protester contre la guerre à venir vers laquelle les criminels démentiels de Washington conduisent le monde. Au lieu de cela, la Chancelière allemande, le Président français, le Premier ministre britannique et les médias prostitués occidentaux continuent de mentir : Il était légitime que l’Ouest vole le Kosovo à la Serbie et vole le gouvernement ukrainien, mais il n’est pas légitime pour la population russe de Crimée d’exercer son droit à l’autodétermination et retourner dans le giron de la Russie. Washington et ses marionnettes européennes ont même l’audace de déclarer faussement, après avoir renversé un gouvernement élu en Ukraine et en avoir installé un non-élu, que l’autodétermination de la Crimée viole la constitution ukrainienne, qui n’existe plus car Washington l’a détruite. Le gouvernement criminel et démentiel à Washington a poussé l’ours russe dans une impasse. L’ours ne se rendra pas. Paul Craig Roberts a été vice-ministre des Finances sous Reagan, il a été chroniqueur et rédacteur en chef au Wall Street Journal. .Destitution d’Obama : l’étau se resserre
Deux jours après le coup de colère de l’influente sénatrice démocrate Dianne Feinstein, qui a accusé l’exécutif d’avoir violé laConstitution en espionnant les travaux de la Commission sur le renseignement qu’elle dirige, d’autres élus américains ont dégainé à leur tour pour dénoncer les dérives totalitaires de l’Administration Obama.
Feinstein avait accusé la CIA, dans un discours sans précédent devant le Sénat le 11 mars, de s’être introduite dans les ordinateurs des sénateurs enquêtant sur le programme de détention et de torture des personnes soupçonnées d’actes de terrorisme, et d’avoir effacé des documents puis cherché à intimider des sénateurs.
Le 13 mars, le député James Sensenbrenner, l’auteur du Patriot Act voté par le Congrès au lendemain des attaques du 11 septembre 2001, et qui s’est depuis rallié à Edward Snowden pour dénoncer les dérives de la NSA, écrivait une lettre au ministre adjoint de la Justice Jame Cole dans laquelle il décrivait les accusations de Feinstein comme « choquantes ». Sensenbenner a rappelé qu’il est explicitement interdit « pour la CIA de s’engager dans toute activité de surveillance domestique », et que ses actes d’espionnage et d’intimidation sont une « violation flagrante des principes constitutionnels de séparation des pouvoirs. Ceci confère une image presque nixonienne à un gouvernement qui pense pouvoir agir en toute impunité derrière les rideaux. »
Le 12 mars, la dirigeante de la minorité à la Chambre, la démocrate Nancy Pelosi, a souligné le courage de Feinstein pour s’être attaquée « à la communauté du renseignement, non sans preuves, et quand je dis preuves, il s’agit d’une documentation détaillée des accusations qu’elle avance ». Le représentant républicain Darryl Issa, qui dirige la Commission de la Chambre pour la surveillance et la réforme du gouvernement, a également salué le courage de Feinstein, affirmant :
Je ne sais pas qui a donné les ordres, mais espionner les autres branches du gouvernement est de fait une violation de la Constitution, au niveau des crimes et des délits graves, et il est certain que toute personne impliquée doit être expulsée de son poste.Dans un acte d’arrogance typique de l’administration Obama, le porte-parole de la Maison Blanche Jay Carney a de plus reconnu le 13 mars que l’exécutif avait retenu plus de 9000 documents hautement confidentiels liés au actes de torture de l’administration Bush-Cheney. Il est reconnu que le directeur de la CIA John Brennan, nommé par Obama, était personnellement impliqué dans le programme de torture de la CIA et est totalement opposé à l’idée que ces documents puissent être mis la disposition du Sénat. L’économiste américain Lyndon LaRouche, qui venait d’exiger deux jours plus tôt dans le Washington Times la destitution d’Obama sous la forme d’une Lettre ouverte au Congrès, a souligné que le retournement de la sénatrice Feinstein et d’autres élus ouvre la porte à la destitution d’Obama. Rappelons que Feinstein, par le passé plutôt conciliante par rapport aux services secrets, avait refusé de soutenir Edward Snowden dans son bras de fer avec la Maison Blanche sur le méga-espionnage de la NSA. A un moment historique où une partie des élites prend conscience qu’Obama est en train d’entraîner les Etats-Unis et le monde vers un conflit pouvant déboucher sur un affrontement thermonucléaire avec la Russie, les accusations de Feinstein constituent un premier élément probant pour une procédure formelle de destitution. http://www.solidariteetprogres.org/actualites-001/article/destitution-d-obama-l-etau-se-resserre.html
Les sionistes démasqués restent bouche bée face à l'éloquent Michel Collon
Errements d’un Empire
2 – L’Empire qui dépense le plus au Monde en espionnage crée de nouvelles agences de sécurité qui espionnent les agences de sécurité qui espionnent les agences de sécurité antérieures jusqu’à ce que tous les espions sont espionnés par d’innombrables espions qui à leur tour sont surveillés par des mouchards jusqu’à ce que tous les citoyens sont des espions uniquement et exclusivement occupés à se dénoncer les uns les autres et arrive le jour où l’un d’eux dénonce tous les autres mouchards de l’Empire qui dépense le plus au Monde en Espionnage.
3 – L’Empire qui consomme le plus au Monde force sous la menace de ses canons les autres nations de la planète à accepter en paiement de tous les biens qu’il leur prend un papier vert qui n’a aucune contrepartie réelle et qui désormais vaut moins que rien alors qu’il ne valait déjà rien et avec lequel il acquiert tout ce qui a de la valeur dans le monde, le pétrole, les matières premières, les ressources, le travail bon marché, les brevets cédés à bas prix, les consciences, les œuvres de l’esprit, jusqu’à ce qu’il prend tellement l’habitude d’importer sans produire qu’il cumule une dette, évaluée en papier vert qui ne vaut rien, de cent pour cent de son Produit Intérieur Brut qui a cessé d’exister à force d’acheter en échange de papier qui ne vaut rien des marchandises qui réduisent son économie à rien.
4 – L’Empire sans Culture en menant des guerres de pillage et de rapine essaie de détruire les cultures des autres nations du monde en écrasant au rouleau compresseur de ses bombardements musées, bibliothèques, en organisant le trafic illégal de pièces du patrimoine historique, le vol de joyaux archéologiques, le pillage de chefs-d’œuvre, la spoliation des créations des populations excentrées qu’il repousse et exclut, la corruption systématique d’intellectuels et de créateurs et l’imposition idolâtre du modèle fondé sur la rentabilité jusqu’à ce qu’à force de tellement accumuler des créations étrangères il devient un amas de dépouilles, une accumulation du vide, un Empire sans Culture.
5 – L’Empire qui consomme le plus de drogues au Monde détruit des pays au nom de la guerre contre la drogueau moyen d’organismes voués au trafic de drogue qui permettent la survie du système bancaire en blanchissant des capitaux qui se réinvestissent dans le trafic le plus rentable au monde qui crée un invisible Empire du Crime qui grossit jusqu’à ce qu’il détruit tout le reste y compris l’Empire qui consomme le plus de Drogues au Monde.
6 – L’Empire qui exploite le plus d’Immigrants au Monde laisse passer de plus en plus de travailleurs migrants qui n’ont pas de droits, qui peuvent être expulsés quand ils protestent et qui travaillent pour rien jusqu’à ce que des immigrants sans droits occupent tous les postes de travail dans les usines de l’intérieur et de l’extérieur et qu’il ne reste plus un poste de travail disponible sur la surface de la Terre pour les citoyens de l’Empire qui exploite le plus d’Immigrants au Monde.
7 – L’Empire qui domine la Communication du Monde crée un Monde qui n’existe que dans la Communication au moyen de guerres humanitaires qui anéantissent des pays pour les protéger, au moyen de génocides philanthropiques qui exterminent des peuples pour leur venir en aide, d’holocaustes bienveillants commis pour le bonheur des victimes, de capitalistes exploiteurs qui œuvrent dans l’intérêt des exploités et de corrupteurs d’enfants mineurs agissant pour la défense de l’enfance et puis un jour il finit par vivre dans ce Monde qui n’existe que dans la Communication et où jamais ne lui parvient la nouvelle qu’il a cessé d’exister dans le Monde qui existe ailleurs que dans la Communication.
8 – Depuis qu’il ne produit plus rien l’Empire qui maîtrisait la Dette Extérieure ne peut plus payer ses fonctionnaires et se déclare en faillite ce qui entraîne la mise en vente aux enchères de ses actifs, mais personne ne vient offrir un sou pour la corde qui a lynché des noirs, un cent pour les cendres des fillettes carbonisées au napalm dans les villages au Viet Nam, un fifrelin pour la misérable industrie culturelle qui a rabaissé tous les arts à n’être que des dividendes, un kopeck pour l’Intelligence qui a construit la dictature de la Stupidité, une tune pour le Complexe Miltaro-Industriel qui a obtenu ce seul résultat : que tout soit converti en rien .
Luis Britto García
Traduction M. Colinas







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