50 vérités du Président Vladimir Poutine sur la Crimée
50 vérités du Président Vladimir Poutine sur la Crimée
- Le 18 mars 2014, depuis le Kremlin, le Président Vladimir Poutine a prononcé un discours historique suite au référendum qui s’est tenu en Crimée. Les médias occidentaux ont choisi d’ignorer le point de vue russe sur la crise ukrainienne.
1. La Crimée fait partie de l’histoire russe et cette réalité est ancrée dans les cœurs et les esprits de ses habitants. Le Grand-prince Vladimir 1er y a été baptisé. De nombreuses tombes des soldats russes qui ont permis l’intégration de la Crimée à l’Empire Russe se trouvent sur ce territoire.
3. Suite à la Révolution de 1917, les bolcheviks ont arbitrairement rattaché une grande partie du Sud historique de la Russie à l’Ukraine. Cela a été fait sans tenir compte de la composition ethnique de la population, et aujourd’hui, ces zones forment le Sud-est de l’Ukraine.
4. En 1954, la Crimée a été transférée à l’Ukraine, ainsi que Sébastopol, en dépit du fait qu’il s’agissait d’une ville fédérale. Ce fut là l’initiative personnelle du chef du Parti communiste Nikita Khrouchtchev.
5. Cette décision avait été prise en violation flagrante des normes constitutionnelles en vigueur à l’époque, sans solliciter l’avis des citoyens de Crimée et de Sébastopol. Ils ont été mis devant le fait accompli.
6. A l’époque, l’Ukraine et la Russie faisaient partie d’un seul et même Etat, l’URSS, et il était impensable qu’ils puissent un jour se séparer.
7. Suite à l’effondrement de l’URSS, les peuples des anciennes républiques soviétiques espéraient que la nouvelle Communauté des Etats indépendants deviendrait la nouvelle forme commune de l’Etat. Les dirigeants d’alors avaient promis une monnaie unique, un espace économique unique et des forces armées conjointes. Mais rien de tel ne sera réalisé.
8. La Russie a donc été spoliée de la Crimée.
9. Avec la disparition de l’Union soviétique, « des millions de personnes se sont couchées dans un pays et se sont réveillées dans d’autres, devenant du jour au lendemain des minorités ethniques dans les anciennes républiques de l’Union, tandis que la nation russe est devenue l’un des plus grands, sinon le plus grand groupe ethnique au monde à être divisé par des frontières ».
10. En 1991, les résidents de Crimée et de Sébastopol ont été abandonnés à leur sort. C’est le sentiment général partagé par les habitants de cette région.
11. Au nom de l’entente cordiale avec le voisin ukrainien, la Russie n’a pas revendiqué la Crimée et Sébastopol qui lui revenaient de droit.
12. En 2000, suite à des négociations avec le Président ukrainien Leonid Koutchma, la Russie a reconnu que la Crimée était de facto et de jure un territoire ukrainien.
13. La Russie espérait que l’Ukraine resterait amicale à son égard et que les citoyens russes et russophones, en particulier du Sud-est du pays et de la Crimée, seraient protégés et jouiraient de leurs pleins droits.
14. Néanmoins, les populations russes et russophones ont été soumises à une assimilation forcée et les tentatives pour les priver de leur mémoire historique se sont multipliées au fil des ans.
15. Les aspirations actuelles du peuple ukrainien au changement et à une vie meilleure sont légitimes.
16. Les manifestants de la place Maïdan qui rejetaient la corruption, la mauvaise gestion de l’Etat et la pauvreté, avaient des revendications légitimes et la Russie se tenait à leurs côtés.
17. En 2013, 3 millions d’Ukrainiens ont émigré en Russie pour travailler et leurs revenus ont totalisé plus de 20 milliards de dollars, soit 12% du PIB de l’Ukraine.
18. Cependant, le 21 février 2014, des conspirateurs ont renversé un gouvernement légitime, se sont emparés illégalement du pouvoir et « ont eu recours à la terreur, à l’assassinat et aux pogroms ». « Des nationalistes, des néo-nazis, des russophobes et des antisémites ont exécuté ce coup d’Etat » et sont à ce jour au pouvoir.
19. Les Etats-Unis et l’Europe occidentale ont participé à ce coup de force et apporté une reconnaissance officielle aux autorités issues du putsch.
20. Les nouvelles autorités de facto ont immédiatement présenté un projet de loi de la révision de la politique linguistique, « qui était une violation directe des droits des minorités ethniques », dans le but d’interdire, entre autres, la langue russe.
21. Aujourd’hui, il n’y a aucune autorité exécutive légitime en Ukraine.
22. Les partisans de la légalité constitutionnelle ont été menacés de répression, à commencer par la Crimée.
23. « Face à ces événements, les habitants de Crimée et de Sébastopol se sont tournés vers la Russie pour qu’elle les aide à défendre leurs droits et leurs vies et à empêcher la propagation des événements qui se déroulaient et sont toujours en cours à Kiev, Donetsk, Kharkov et dans d’autres villes ukrainiennes. »
24. La Russie avait le devoir de répondre à l’appel des habitants de Crimée en détresse.
25. À aucun moment, la Russie n’a violé le droit international. Les forces armées russes ne sont jamais entrées en Crimée, car elles étaient déjà sur place.
26. Les accords militaires prévoient une présence militaire russe de 25 000 hommes en Crimée et cette limite n’a jamais été dépassée.
27. Le Conseil suprême de Crimée, estimant que les droits de la région n’étaient plus garantis par les nouvelles autorités putschistes, s’est référé à a Charte des Nations unies, et plus précisément au droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, pour déclarer son indépendance et organiser un référendum.
28. Le 16 mars 2014, 82% des électeurs ont participé à la consultation et se sont prononcés à 96% en faveur de laréunification avec la Russie.
29. L’Ukraine a adopté exactement le même procédé lorsqu’elle a décidé de faire sécession de l’URSS en 1991. « L’Ukraine a utilisé ce droit, mais les habitants de la Crimée se le voient dénié. Pourquoi donc ? »
30. La population totale de la Crimée est aujourd’hui de 2,2 millions de personnes, dont près de 1,5 million de Russes, 350 000 Ukrainiens dont le russe est majoritairement la langue maternelle, et 300 000 Tatars.
31. Les autorités de Crimée ont utilisé exactement le même procédé que le Kosovo, lorsqu’il a décidé de se séparer unilatéralement de la Serbie, avec le soutien des pays occidentaux, sans solliciter une quelconque autorisation des autorités centrales du pays.
32. En se basant sur l’Article 2 du Chapitre 1 de la Charte des Nations unies, la Cour internationale de l’ONU a approuvé cette approche : « Aucune interdiction générale ne peut être déduite de la pratique du Conseil de sécurité en ce qui concerne les déclarations d’indépendance. Le droit international général ne contient aucune interdiction contre les déclarations d’indépendance ».
33. Le 17 avril 2009, au sujet du Kosovo, les Etats-Unis ont soumis le texte suivant à la Cour internationale des Nations unies : « Les déclarations d’indépendance peuvent – et c’est souvent le cas – violer la législation nationale. Toutefois, cela n’en fait pas des violations du droit international. »
34. Les principes valables pour le Kosovo doivent l’être aussi pour la Crimée.
35. L’armée russe n’a pas tiré un seul coup de feu en Crimée et n’a pas fait une seule victime.
36. La situation en Ukraine reflète le monde actuel. Les pays occidentaux, menés par les Etats-Unis, préfèrent la force des armes à la force du droit, et pensent qu’ils peuvent décider eux-mêmes des destinées du monde. Ils utilisent la force contre des Etats souverains, créant des coalitions sur la base du principe : « Si vous n’êtes pas avec nous, vous êtes contre nous. »
37. « Afin de donner un semblant de légitimité à leurs agressions, ils forcent les organisations internationales à adopter les résolutions nécessaires, et si pour quelque raison cela ne fonctionne pas, ils ignorent tout simplement le Conseil de sécurité de l’ONU et même l’ONU dans son ensemble ».
38. Cela fut le cas en Yougoslavie en 1999, où Belgrade a été bombardée pendant des semaines, sans aucune résolution des Nations unies. Cela a été le cas en Afghanistan et en Irak. Pour la Lybie, la résolution du Conseil de sécurité a été violée « quand, au lieu d’imposer la zone dite d’exclusion aérienne au-dessus de ce pays, ils ont également commencé à le bombarder ».
39. Le coup d’Etat en Ukraine, organisé par les pays occidentaux, a pour but d’empêcher l’intégration eurasienne.
40. L’expansion de l’OTAN vers l’Est et le déploiement d’infrastructures militaires, comme le système de défense antimissile, aux portes de la Russie en sont des preuves flagrantes.
41. Avec l’Ukraine, les nations occidentales ont franchi la ligne rouge.
42. Des millions de Russes vivent en Ukraine et en Crimée et il faut vraiment être dépourvu d’instinct politique pour ne pas prévoir les conséquences de tels actes.
43. « La Russie s’est trouvée dans une position d’où elle ne pouvait pas se retirer. Si vous compressez le ressort au maximum, il se détendra avec vigueur. Vous devez toujours vous souvenir de cela ».
44. « La Russie est un participant indépendant et actif dans les affaires internationales ; comme d’autres pays, elle a ses propres intérêts nationaux qui doivent être pris en compte et respectés », surtout dans la perspective où l’Ukraine intègre l’OTAN.
45. Le peuple russe aspire à restaurer l’unité de son territoire, dont fait partie la Crimée.
46. Le respect des droits des Russes et des russophones d’Ukraine est « la garantie de la stabilité de l’Etat de l’Ukraine et de son intégrité territoriale ».
47. La Russie souhaite préserver des relations amicales avec l’Ukraine.
48. Selon les sondages réalisés en Russie, 92% des citoyens soutiennent la réunification de la Crimée avec la Russie.
49. La Crimée aura à l’avenir trois langues nationales sur un même pied d’égalité : le russe, l’ukrainien et le tatar.
50. La crise ukrainienne doit se résoudre par la voie politique et diplomatique, en accord avec la Constitution du pays. Le langage de la force, de la contrainte ou de la menace n’aura aucun effet sur la Russie.
Salim Lamrani
Docteur ès Etudes Ibériques et Latino-américaines de l’Université Paris IV-Sorbonne, Salim Lamrani est Maître de conférences à l’Université de La Réunion, et journaliste, spécialiste des relations entre Cuba et les Etats-Unis.
Son nouvel ouvrage s’intitule Cuba. Les médias face au défi de l’impartialité (Paris, Editions Estrella, 2013) et comporte une préface d’Eduardo Galeano.
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Conférence de Presse de Vladimir Poutine sur la Situation en Ukraine - 04/03/2014
Publiée le 4 mars 2014
Conférence de Presse de Vladimir Poutine sur la Situation en Ukraine - Version complète : 4 Mars 2014
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Publiée le 7 mars 2014
L'Agence Info Libre est allée une nouvelle fois à la rencontre du Général Vincent Desportes, ancien chef des armées de terre française, et aujourd'hui professeur à l'institut de Sciences Politiques à Paris. Dans un premier temps, il a accepté de nous parler de l'actualité brulante de l'Ukraine, du rôle et de la volonté de la Russie dans ce conflit ainsi que de la position des États-Unis et de l'Europe dans ce conflit.
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Ukraine : en route vers la guerre, abrutis, et tête basse
Résumons la situation : si un certain nombre de mécontents (en droit de l’être, d’ailleurs) prend d’assaut les bâtiments du pouvoir dans n’importe quel pays, les brûle et en prend le contrôle, ils doivent être félicités et encouragés.
C’est ce qui s’est produit ces jours-ci à Kiev, en Ukraine. L’Occident a, d’une voix unanime, chanté les louanges d’un coup d’État violent et sanguinaire, cherchant à faire passer un président élu dans des conditions régulières pour un « dictateur », de surcroit « sanguinaire ».
Mais tout cela ne change rien au contexte, que ce soit face à l’histoire ou aux faits réels.
À partir de cet instant, nous devons tous savoir qu’il n’y a plus aucune défense légale permettant de se prémunir de la subversion organisée de l’étranger contre un pays, quel qu’il soit. Que cela nous serve de leçon, à tous autant que nous sommes.
Tout cela est bien plus grave que l’époque, lointaine, où un président élu à la régulière était renversé et tué lors d’un coup d’État militaire. Il s’appelait Salvador Allende. Il avait remporté haut la main des élections démocratiques. Et il fut renversé, comme on le perçut immédiatement (mais comme cela ne fut prouvé que bien plus tard) par la CIA américaine. Mais à l’époque, la condamnation fut générale. Aucun dirigeant occidental d’alors n’eut le courage ou l’arrogance d’applaudir le général Pinochet.
Aujourd’hui, c’est le contraire : que de chemin parcouru ! Maintenant, on applique des techniques de « renversement de dictateur » élaborées par le grand maitre de la subversion démocratique, Gene Sharp (ci-dessous), aussi surnommé, « le Clausewitz de la guerre non violente. »
L’oxymore vous plait ? Ce n’en est pas un. La tactique consiste à faire se soulever les mécontents. C’est la première étape . De quelle façon ? En achetant les chaines de télévision et les journaux. Autrement dit, en embauchant légalement des centaines de journalistes et de spécialistes de la propagande. En payant les salaires et les primes de centaines de professeurs d’université. En allouant des fonds à des centres de recherche et des fondations qui travailleront à temps plein pour organiser la révolte. Pacifique s’entend, et surtout, au sein de la jeunesse.
La deuxième étape consiste ensuite à passer à l’offensive à travers une série de manifestations. Peu importe qu’elles rassemblent peu de monde. Les médias se chargeront de les amplifier [artificiellement]. Il y aura bien quelques accrochages dans la rue. Ceux-là aussi seront amplifiés par les télévisions locales et les grands médias internationaux. En général, les gouvernements qui se verront qualifiés immédiatement de dictateurs sanguinaires, ne sont pas préparés à y faire face. Ils ne connaissent pas bien les stratégies de communication de l’Occident. S’ils ne répriment pas, ils devront céder rapidement. S’ils répriment, ils feront le jeu des Gene Sharp et compagnie. Les bonnes gens verront du sang et seront persuadés que le dictateur est véritablement sanguinaire. Et les protestations ne feront que croitre, alimentées par le soutien des gouvernements étrangers, tous démocratiques et prospères. Jusqu’à ce que la répression commence vraiment. Mais il sera trop tard, car l’ensemble de la société « civile » se sera alors rangée du côté de la défense de la « démocratie ».
Et c’est à ce moment-là qu’entrent en jeu les groupes paramilitaires (indéniablement nazis, dans le cas de l’Ukraine) qui, entretemps, en toute discrétion, auront été entrainés, armés, formés et nourris par des dizaines de riches fondations américaines ou européennes.
Laissons les détails de côté. Et retenons la synthèse que nous a offerte Madame Jane Nuland, assistante du Secrétaire d’État pour les affaires européennes et euroasiatiques du Département d’État américain (et épouse de Robert Kagan, l’un des néocons les plus en vue à Washington) : « Nous avons investi 5 milliards de dollars pour donner à l’Ukraine l’avenir qu’elle mérite ». Voilà qui suffit amplement à comprendre la situation.
Le reste n’est qu’un désastre, dont nous sommes aujourd’hui spectateurs. Une crise mondiale, qui donne la chair de poule. Et la falsification totale des événements, organisée par les médias mainstream occidentaux.
Malheureusement, il est fort probable que nous allions vers la guerre. La caisse de résonnance des ignorants et des meneurs devient assourdissante : toute la faute revient aux Russes, et à tous ceux que l’on peut mettre au pilori. La russophobie se combine à l’anticommunisme, même si le communisme n’a absolument rien à voir dans cette affaire, si ce n’est en termes historiques. La foule est suffisamment abrutie pour aller à la guerre, tête basse. Sans même comprendre de quoi il s’agit, ni pourquoi elle y va. Un cas d’école.
Je me demande bien comment il se fait que personne n’a encore eu l’idée de proposer Gene Sharp au titre de Prix Nobel.
De la Paix, bien évidemment.
Giulietto Chiesa, ilfattoquotidiano.it,
http://ilfattoquotidiano.fr/ukraine-en-route-vers-la-guerre-abrutis-et-tete-basse/
Comment gagner une guerre sans combattre selon Sun Tzu ? L’exemple de la Russie en Crimée
Comment gagner une guerre sans combattre selon Sun Tzu ? L’exemple de la Russie en Crimée
Ou voici comment la Russie a piégé les dirigeants de l’Occident et récupéré la Crimée sans tirer un seul coup de fusil
Qu’est-ce qu’on enseigne dans les écoles de stratégie militaire ? Installez-vous bien dans votre fauteuil. Je vais vous amener avec moi dans un voyage sur les bancs d’une école de stratégie militaire comme si vous y étiez. Nous allons étudier la crise ukrainienne en nous servant d’un livre de stratégie militaire largement utilisé dans la formation des militaires russes et chinois. Mais aussi dans certaines écoles de commerce dans le monde. Ce livre d’appelle : « l’art de la guerre » écrit par le penseur et stratège militaire chinois Sun Tzu (544–496 avant notre ère). L’idée centrale du modèle de stratégie militaire de Sun Tzu est d’utiliser la ruse pour amener l’ennemi à déposer les armes et se rendre avant même d’avoir commencé à combattre. En d’autres termes, pour Sun Tzu, le meilleur stratège militaire est celui qui gagne une guerre sans avoir besoin de la combattre, tout simplement en jouant sur la ruse, les bluffs, les fausses informations distillées au bon moment pour désorienter l’ennemi, en donnant de faux espoirs à l’ennemi au début des hostilités avant de le désillusionner complètement à la fin. Analysons maintenant la crise ukrainienne en étude de cas, comme on le fait dans les écoles militaires. Nous allons nous servir des 10 principales stratégies préconisées par Sun Tzu pour gagner une guerre sans combattre, pour savoir, en Ukraine, qui a le plus de chance de gagner le bras de fer en cours entre les Etats Unis d’Amérique et la Russie. 1- « Quand vous êtes capable, feignez l’incapacité. Quand vous agissez, feignez l’inactivité. Quand vous êtes proche, feignez l’éloignement. Quand vous êtes loin, feignez la proximité. » Lorsque vous avez identifié les projets de l’ennemi, pour vous battre, vous devez constamment lui donner l’impression d’aller à contre-courant de l’attitude belliqueuse qu’il attendrait de vous en pareille circonstance. Ainsi, vous devez savoir vous rendre invisible dans votre contre-offensive, savoir mentir et surtout, ne donnez à l’ennemi aucune chance de vous situer ou de situer votre vraie réaction face à son intention guerrière, que vous devez constamment feindre de ne pas savoir. Dans ce dossier, l’objectif des Occidentaux est celle de partir d’un accord d’association entre l’Ukraine et l’Union Européenne pour arriver à l’objectif de l’adhésion pure et simple de l’Ukraine à l’UE. Mais surtout, de faire adhérer l’Ukraine à l’Otan afin de la couper complètement de la Russie et donc, de ne plus renouveler la location de la base marine de Sébastopol en Crimée à l’armée marine russes, c’est-à-dire, de priver la Russie de toute possibilité d’intervention rapide en mer Méditerranée en cas de guerre avec l’Otan, comme les récentes opérations d’intimidation dans les ports syriens lorsque le président Hollande voulait bombarder le pays et égyptiens lorsqu’à la chute du président Morsi, les USA menaçaient l’Egypte de sanction sur les fournitures militaires. Le président Yanukovych qui est l’homme de Moscou a feint ne rien comprendre quant aux conséquences néfastes de la signature des accords d’association. Et s’est arrêté à la dernière minute. Et c’est en ce moment que les Occidentaux entrent en jeu, en inventant la révolution populaire. Selon la télévision Euronews une conversation interceptée entre le Ministre Estonien des affaires étrangères Urmas Paet et madame Catherine Ashton, la cheffe de la diplomatie européenne, les 88 morts de la place de l’indépendance ne sont pas l’œuvre du président Yanukovych mais des paramilitaires de l’opposition, commandités par les membres de l’actuelle coalition au pouvoir à Kiev pour porter un coup fatal à la présidence hostile à l’Union Européenne et à l’Otan. Mais comment en est-on si sûr ? Voici à propos, ce que déclare Euronews : « Un ou plusieurs snipers ayant tiré sur les manifestants d’Euromaïdan s‘étaient installés dans le siège de la banque d’Ukraine, à Kiev. Les enquêteurs y ont découvert des douilles correspondantes aux balles retrouvées dans les corps des victimes. Ce sont par ailleurs les mêmes balles qui ont servi pour attaquer les forces de police anti-émeute et les opposants. » Total : 88 morts. Devant tout cela, la Russie sait tout ce qui se passe, mais fait semblant d’être invisible, inaudible, absente. Et laisse faire. Ce qui l’intéresse, c’est reprendre toute la péninsule de la Crimée, mais sans combattre. Comment y parvenir? Ce sont les Occidentaux qui vont lui donner un coup de main, en jouant à une partie d’échec, sans jamais tenir compte des pions que l’adversaire est en train de pousser, lui aussi, mais en cachette. Et pour cela, c’est la deuxième stratégie de Sun Tzu qui va nous apporter plus d’éclaircissement sur le comportement du président Poutine de Russie dans cette crise. 2- « Une armée victorieuse l’est avant même de livrer bataille. Une armée vaincue se lance d’abord dans la bataille et ensuite recherche la victoire. » Selon ce principe, Sun Tzu nous explique qu’en guerre, on n’attaque que lorsqu’on est certain de gagner. Sinon, on attend le temps qu’il faudra que la situation tourne à notre avantage. Sur la place Maïdan de Kiev, la capitale de l’Ukraine, ont défilé durant la révolte, de nombreux politiciens occidentaux, comme le Sénateur américain Mc Caïn le 15 décembre 2013, pour soutenir et encourager la foule en colère, une colère bien entretenue et guidée. Le 19 février, nos manifestants dits pacifistes vont lancer un assaut sur la police. A la fin des émeutes, il y a 26 morts dont 9 policiers. Et voici ce que déclare le président Obama depuis le Mexique où il se trouve en visite officielle : « Je veux être très clair, nous allons observer de près les développements des prochains jours en Ukraine et nous attendons du gouvernement ukrainien qu’il fasse montre de retenue, qu’il n’ait pas recours à la violence face à des manifestants pacifiques ». Plus tard dans l’avion de retour du Mexique, selon une dépêche AP, c’est au tour de Ben Rhodes, conseiller spécial du président Obama à faire un point de presse dans Air Force One pour affirmer ceci : « Nous sommes opposés à la violence, d’où qu’elle vienne, mais c’est le gouvernement qui doit retirer les membres de la police anti-émeute, décréter une trêve et entamer des discussions dignes de foi avec l’opposition (…) Il est évident que les Ukrainiens estiment que leur gouvernement ne répond pas à leurs aspirations légitimes à l’heure actuelle ». Ces 3 personnalités américaines sont dès lors déjà entrées dans le piège du président Poutine : ils ont clairement fait leur choix de camp. Par leurs actions et leurs propos, ils ont signé sans se rendre compte la paternité des manifestations sur la place de l’Indépendance à Kiev. Cette signature sera ensuite utilisée par la Russie pour discréditer les interlocuteurs occidentaux dans la suite des évènements qui semblent complètement imprévus par les deux camps, mais jusqu’à quel point? Nous allons voir dans la prochaine stratégie qui privilégie le résultat final recherché aux multiples pseudos victoires temporaires. 3- « Pour le bon stratège, l’essentiel est dans la victoire, non pas dans les opérations prolongées » C’est à dire que pour un bon stratège militaire, ce qui compte ce sont les éléments pris dans leur globalité, c’est le résultat final de l’ensemble des opérations et non des petites victoires sporadiques au quotidien. Nous sommes partis des objectifs des uns et des autres : à terme, l’Occident veut l’adhésion de l’Ukraine à l’Otan, afin de priver la Russie de son accès à la Méditerranée. Alors que la Russie veut tout simplement annexer la Crimée pour éloigner une telle éventualité. La Crimée est en effet le seul accès de la Russie en mer chaude. Ailleurs, au nord, c’est la mer froide et si l’Occident déclenche une guerre contre la Russie en hiver, tous ses bateaux sont bloqués dans des eaux gelées de la Baltique ou de la mer du Nord. Ce serait donc une défaite même avant de combattre. Dans les opérations qui vont se succéder à Kiev jusqu’au renversement du président, c’est l’Occident qui semble avoir les meilleures cartes en main, puisque c’est lui qui dicte le tempo des événements, jusqu’au choix des nouveaux dirigeants, reconnus à la vitesse de la lumière. Même s’ils viennent à peine de renverser un gouvernement démocratiquement choisi par le peuple, qu’importe, la démocratie est un gros mensonge qui vit au dépend de ceux qui y croient. Surtout que les élections normales étaient prévues dans un an. Et dans les négociations, le président Yanukovych avait accepté d’anticiper ces élections. Et cela n’a pas suffi au tempo occidental qui l’a fait renverser à peine 24h après la signature de cet accord avec l’opposition. Là, c’est l’Occident qui s’installe dans les opérations prolongées. Moscou est muet. Le président Poutine est coincé à Sotchi pour les jeux Olympiques d’hiver. C’est la suite des évènements qui nous fera comprendre que ce mutisme était bien calculé. Apparemment, ce qui l’intéressait, c’était la victoire finale et non les opérations intermédiaires. 4- « Celui qui pousse l’ennemi à se déplacer, en lui faisant miroiter une opportunité s’assure la supériorité. » Pour Sun Tzu, vous devez toujours pousser l’ennemi dans une plus forte mobilité, afin de l’orienter vers là où vous voulez le conduire, pour le finir. Le 6 Février 2014, c’est la secrétaire d’Etat américaine adjointe, Victoria Nuland, qui arrive à Kiev et rencontre les trois principaux dirigeants de l’opposition Ukrainienne : Oleg Tiagnybok, Vitali Klitschko et Arseni Iatseniouk, qui deviendra Premier Ministre par la suite. Le lendemain, dans un entretien au quotidien Kommersant Ukraine, le conseiller spécial du président Poutine, Sergueï Glaziev déclare : « Autant que nous sachions, Madame Victoria Nuland a menacé les oligarques ukrainiens de les placer sur une liste noire américaine si le président Yanukovych ne cède pas le pouvoir à l’opposition. Cela n’a rien à voir avec le droit international. (…) Il semble que les Etats-Unis misent sur un coup d’Etat. (…) les Américains dépensent 20 millions de dollars par semaine pour financer l’opposition et les rebelles, y compris pour les armer ». Pour commenter la visite du sénateur américaine Mc Cain sur la place de l’indépendance le 15 décembre 2013, Alexeï Pouchkov, député au Parlement russe (la Douma) déclare au quotidien ukrainien, Kievski Telegraf, ceci : « Les représentants de l’Union européenne et des Etats-Unis sont directement impliqués dans le bras de fer politique en Ukraine. (…) Veulent-ils y établir un nouveau régime colonial ? » Nous constatons déjà à ce niveau que la Russie joue la parfaite diversion. Ayant poussé les occidentaux à être plus mobiles et de se rendre plusieurs fois à Kiev, alors qu’ils ne bougent pas d’un millimètre depuis Moscou, ils arrivent à contraindre les américains à choisir une priorité : le changement de pouvoir à Kiev. C’est dans ce piège que les Russes vont les y conduire et les occuper un bon bout de temps, pendant qu’ils peaufinent en toute liberté et secret, l’invasion de la Crimée. 5- « Le bon stratège est si subtil qu’il n’a plus de forme visible. Le bon stratège est si discret qu’il en est inaudible. Ainsi il se rend maître du destin de l’ennemi. ». Le bon stratège doit être insaisissable pour l’’ennemi. Il doit communiquer le moins possible et pratiquer la rétention de l’information. Et lorsqu’il communique, c’est pour transmettre à l’ennemi une information inexploitable ou fausse. En Crimée, lorsque le président Poutine fait la seule conférence de presse, le 5/03/2013 admise aux seuls journalistes russes, il jure sur la tête de son arrière grand père qu’il n’a pas de troupes en Crimée. Et que les militaires qu’on voit sans insigne sur l’uniforme, sont en effet, des forces d’Auto-défense locales. Vu de l’Occident, il s’agit d’un mensonge. Mais à bien y regarder, le président Poutine est juste en train de les rouler dans la farine. Et il leur fournit une information capitale qui n’est pas comprise par les stratèges occidentaux. En effet, lorsqu’il nie qu’il n’y a pas de militaires russes, donc étrangers en Crimée, il est en ce moment en train de leur dire qu’officiellement, la Crimée est déjà russe et à ce titre, les forces présentes en Crimée ne peuvent pas être considérées sous l’optique d’une invasion, mais d’une force qui est déjà chez elle, dans sa nation, dans sa république, d’où l’appellation de Forces d’Auto-défense locales. Ce message subliminale n’a malheureusement pas été convenablement analysé et compris par les « stratèges » Occidentaux qui au lieu de se pencher immédiatement sur le cas de la Crimée, ont continué comme d’habitude à faire de la figuration à parler de la désescalade de la tension de la partie russe alors que cette dernière venait de leur signifier qu’elle était déjà passé à la deuxième mi-temps du match qu’ils avaient invité la Russie à jouer. A Paris, on a transformé une conférence dédiée au Liban à une conférence de sanctions contre la Russie, si elle n’est pas suffisamment gentille et retirer ses militaire de la Crimée pour rentrer dans leur base. Le lendemain à Rome, on a transformé une conférence pour parler du chaos laissé par l’OTAN en Libye, en un débat pour expliquer à l’opinion publique européenne que l’Europe comptait quand même quelque chose. On a continué d’organiser des conférences inutiles, à aller et venir entre les capitales européennes et Kiev, alors que le barycentre de la crise s’était déplacé depuis des lustres de Kiev en Crimée. Même un mini-sommet extraordinaire sur l’Ukraine est organisé àBruxelles le 6/03/2013 et c’est en pleine réunion que le président Poutine va envoyer aux participants un petit cadeau, c’est la dépêche qui tombe sur les téléscripteurs à 12h de Bruxelles et qui dit que le Parlement de la Crimée a voté à l’unanimité le rattachement de la Crimée à la Russie et qu’un référendum pour valider ce choix sera organisé à peine 10 jours plus tard. 6- « Remporter cent victoires après cent batailles n’est pas le plus habile. Le plus habile consiste à vaincre sans combat. » Un bon stratège n’est pas violent, il n’humilie pas son adversaire. Il amène son adversaire à se transformer pour reconnaître son infériorité. Ainsi, il n’a plus besoin de combattre. En Crimée, les forces spéciales russes sont arrivées dans une tenue sans étiquette et ont encerclé toutes les bases militaires ukrainiennes, mais sans les contraindre de quitter la base. Le problème est que les habituels occupants de ces bases ne pouvaient plus être libres d’entrer et de sortir. Il fallait alors choisir : ou attendre stoïquement que les événements à Kiev permettent un miracle de déloger les russes, ou bien se rendre. Beaucoup ont préféré se rendre sans même tenter de se défendre. De toutes les façons, ils n’étaient pas attaqués. Au même moment, sans même attendre le référendum, à l’aéroport de Sébastopol, la pression psychologique est montée d’un cran : tous les vols pour Kiev ont été dès le vote du parlement de Crimée, programmés comme des vols internationaux. La monnaie ukrainienne progressivement sortie de la circulation et remplacée par le rouble russe. C’est la première fois dans l’histoire qu’on assiste à un sans faute dans l’application des théories de Sun Tzu : Gagner sans combattre. Les Etats-Unis n’y ont vu que du feu. 7- « Jadis, les guerriers habiles commençaient par se rendre invincibles, puis attendaient le moment où l’ennemi serait vulnérable. L’invincibilité réside en soi-même. La vulnérabilité réside en l’ennemi. » Un vrai stratège joue sur le timing pour gagner toutes ses batailles. Il redouble de ruse pour ne pas être affecté par les menaces ou les actions belliqueuses de l’ennemi. Ainsi, il devient d’abord invincible. Mais cela ne suffit pas. Il faut ensuite gagner. Pour cela, un bon stratège doit savoir attendre le moment où ses ennemis sont affaiblis pour passer à l’action et leur donner le coup de grâce. Une fois sécurisé l’annexion de la Crimée, la Russie sait que l’opération en elle-même va drastiquement affaiblir le coté occidental dans la suite des opérations. Mais alors que ces derniers croient par erreur que le Président Poutine va s’arrêter à la Crimée, ils se trompent. Il sait qu’il a déstabilisé pendant longtemps ses adversaires incapables de prendre des initiatives novatrices. Le président Obama a annoncé une série de sanctions d’abord sur les visas. On a l’impression qu’il s’agit d’une blague de mauvais goût. En 1994, tu as contrains l’Ukraine à se débarrasser de l’armement nucléaire en lui promettant que s’il est attaqué, tu viendrais à son secours. Et maintenant qu’on démembre son territoire, tu menaces de ne pas donner des visas ? De qui te moques-tu ? En réalité, le Président Obama ne peut pas faire grand chose. En ce moment c’est le président russe qui est le seul maître du jeu. Il a toutes les bonnes cartes en main. Il fait ce qu’il veut, quand il veut et comme il l’entend. Le pire est que les gesticulations des occidentaux, trahissent au fond leur impuissance. D’abord parce qu’ils n’ont pas d’argent pour mener la moindre guerre contre une puissance comme la Russie, mais aussi parce que la moindre sanction économique se retournerait immédiatement contre eux. Par exemple, selon une information publiée par le journal économique français Challenge du 7 mars 2014, à la seule menace du président Obama de geler les avoir russes, la Banque Centrale de Russie a déplacé dans la seule journée du jeudi 6 mars 2014, une somme gigantesque de plusieurs dizaines de milliards de dollars des comptes bancaires détenus aux Etats-Unis vers la Russie et les paradis fiscaux. Ce genre d’opérations, si elle continue, dans le moyen terme, peut causer un véritable séisme bancaire et financier aux Etats-Unis. C’est la classique histoire de l’arroseur arrosé. Toujours Vendredi 7 mars 2014, c’est l’Agence Bloomberg qui fait d’autres analyses et prévisions. Selon elle, au 1er septembre 2013, la Russie détenait dans les banques de 44 pays la somme de 160 milliards de dollars, alors qu’à la même date, 24 pays avaient déposé dans les banques russes, la somme de 242 milliards de dollars. Les pays occidentaux peuvent geler jusqu’à 160 milliards de dollars d’argent russe. Et la Russie peut geler jusqu’à 242 milliards de dollars d’argent des occidentaux. Selon Bloomberg, depuis Washington, qui a plus à y perdre serait la France dont les banques ont investi 50 milliards de dollars en Russie, suivie par les Etats-Unis dont les banques ont investi pour 35 milliards de dollars dans le plus vaste pays du monde, la Russie, avec ses 17 millions de km2. Le pire, nous vient de la bouche du conseiller du président russe Sergueï Glaziev, rapporté par la même Agence Bloomberg : « En cas de sanctions américaines, la Russie serait obligée de renoncer au dollar au profit d’autres monnaies et de créer son propre système de paiement. (…) Si les Etats-Unis gèlent les avoirs d’entreprises publiques et d’investisseurs privés russes, Moscou recommandera à tout le monde de vendre les titres du Trésor américain. En outre, les sanctions, si elles sont infligées, amèneront la Russie à renoncer au remboursement des prêts octroyés par les banques américaines. » La messe est dite. La Russie est invincible et a même identifié le point de faiblesse de l’ennemi. On peut dès lors parier qu’après la Crimée, elle sait qu’elle pourra annexer d’abord les anciens territoires géorgiens de l’Abkhazie et de l’Ossétie, avant d’avaler toutes les régions de l’est ukrainien russophones qui avaient voté pour le président Yanukovych aux dernières élections présidentielles. Sans oublier bien sûr la région séparatiste de Transnistrie en Moldavie, à la frontière avec l’Ukraine, là aussi à majorité russe et qui demande depuis son indépendance proclamée en 1992, son rattachement à la Russie. Et là nous arrivons à l’autre stratégie de Sun Tzu. http://pougala.org/lecon-de-geostrategie-africaine-n-71-comment-gagner-une-guerre-sans-combattre-selon-sun-tzu-lexemple-de-la-russie-en-crimee-2/Interview de Pascal Marchand, spécialiste de la géopolitique de l'Europe et de la Russie
Publiée le 12 mars 2014
Interview de Pascal Marchand, Géographe, professeur des Universités à Lyon II, spécialiste de la géopolitique de l'Europe et de la Russie.
Poutine pour toujours ?
Publiée le 27 févr. 2014
Poutine pour toujours ?
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SUPER Documentaire!!! Désinformation de la Russie sur l'Ukraine sur:http://liga.net/
Diffusé sur France 2 le mardi 25 février 2014 à 22:50 - Durée : 1 h 30
En 2007, «Le Système Poutine», diffusé dans plus de quarante pays, démontait l'inexorable montée au pouvoir de Vladimir Poutine, un obscur sous-lieutenant du KGB. Ce documentaire reprend l'histoire en 2011. Après des élections truquées, Vladimir Poutine est réélu président, pour douze ans peut-être. La répression à l'encontre de ses opposants est immédiate, accompagnée du vote systématique de lois liberticides : la Russie est désormais un Etat totalement asservi aux «services de forces». Poutine est le maître absolu et incontesté de la police, de l'armée et des renseignements. Jean-Michel Carré dresse un état des lieux de la Russie actuelle.
OUS LES COMMENTAIRES (19)
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Nous attendons de vous des documentaires sur Bush et ses crimes de guerres, sur la france avec sa democratie a la kalachnikov..... parler nous des crimes et du desespoir que les maitres de la democratie engengrent partout ou ils interviennent. arreter de nous fatiguer avec vos documentaires bidons. Que se passe t-il en Libye? Ou en est-on en Afganistan? Y'en a marre quoi
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Quel ministre président , de france de belgique de l'allemagne et autre de l'europe dira a une entreprise qui veut délocaliser de l'obliger a rester pour garder les ouvriers donc ne pas les mettres au chomage .. Lequel de nos ministe aura les couilles de proteger sont peuple de cet facon dire a un chef d'entreprise tu partira nul par tu ferme tagueule tu réouvre ta fabrique . Hollande va dire cela ? xptdrr Grand homme Poutine ... Pleuré pas trop les europeens si poutine coupe le gaz on l'aura bien profond comme dit Dieudonné ... Ferme la a tout jamais !
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2:50"et n'oubli pas d'embrasser la femme aveugle, qui le resteras malheureusement"
Quel commentaire à la con, il aurait mieux fait de se taire que de dire une grosse connerie, ce n'est pas juste une femme aveugle, c'est une chanteuse qui s'appelle Diana Gurtskaya, que Poutine connait bien évidement et c'est surement pour ça qu'il est aller vers elle
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LE CONTRIBUABLE FRANCAIS EN A MARRE DE SUPPORTER CETTE PROPAGANDE DE MERDE, PIRE QUE CELLE DE L'UNION SOVietique, que la population ne supportait pas.
CA FIT DEGUEULER! UN JOURVOUS SEREZ TOUS VIRES JOURNALISTES DE MES DEUX!
Vous essaierez alors de vous recycler, comme les kollabos de Vichy en 1945! J'espére que vous finirez otre vie en taule pour trahison!
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Vladimir Poutine rit à la question d'un journaliste
)Ça c'est du Poutine !!! Seul Poutine peut intimider un milliardaire
Entretien accordé à RIA Novosti
Encore une fois il ne s’agit pas ici d’être pour la Russie contre l’Ukraine. Il s’agit d’être pour l’Ukraine et la Russie ensemble car elles ont vocation à cohabiter pacifiquement. – Aymeric Chauprade, mars 2014RIA Novosti – Pourquoi les pays d’Occident considèrent-ils les autorités actuelles de Kiev comme légitimes alors que leur arrivée au pouvoir s’est faite par la voie de la violence, par les attaques contre les forces de l’ordre, par la capture de bâtiments administratifs ? Aymeric Chauprade - Le nouveau pouvoir en place à Kiev est arrivé par un coup d’État contre un président élu démocratiquement. Cette élection démocratique n’avait pas été contestée à l’époque. Il est donc incontestable que le nouveau pouvoir à Kiev n’est pas légal. Si les gouvernements américain et européens reconnaissent le pouvoir de Maïdan, alors ils sont en contradiction flagrante avec les principes qu’ils prétendent défendre. Malheureusement, ils le sont et essaient donc de maquiller leur incohérence en faisant croire que c’est la Russie qui mène une politique de force. Le gouvernement du Maïdan est le résultat d’un coup d’État planifié avec une ingérence caractérisée puisque des personnalités politiques américaines et européennes sont venues soutenir des milices armées qui s’attaquaient aux bâtiments publics et aux forces de l’ordre. Les premiers morts sont des forces de l’ordre. Les responsables sont des membres de mouvements soutenus par les États-Unis et certains pays de l’Union européenne, comme le parti néo-nazi Svoboda et son bras armé Pravy Sektor. Pourquoi les autorités ukrainiennes ont-elles décidé d’abandonner les négociations avec les autorités légitimes et le président élu, et pourquoi n’ont-elles pas, après, rempli les conditions de l’accord négocié par les chefs des ministères des affaires étrangères de la France, de l’Allemagne et de la Pologne ? Aymeric Chauprade – En effet un accord allait être signé entre le président légalement élu Ianoukovitch, le représentant russe et les autres ministres des Affaires étrangères. Dans cet accord, le président légal acceptait des élections anticipées et un retour à la Constitution de 2004. Mais des éléments extrémistes, clairement soutenus par les États-Unis, ont pensé qu’en plein Jeux de Sotchi, les Russes étaient concentrés ailleurs et qu’ils pouvaient alors pousser leur avantage plus loin et tenter un renversement du pouvoir par la force, dans le but d’éviter des élections qu’ils n’auraient pas gagné et surtout d’accélérer l’OTANISATION de l’Ukraine. Tiagnibok (Svoboda) et Iarosch (Pravy Sektor) ont vu dans l’affaiblissement de Ianoukovitch l’opportunité historique de mettre en place un gouvernement fasciste permettant de faire une épuration ethnique des Russes. De leur côté, les Américains ont pensé que s’ils les laissaient faire, cela provoquerait une réaction de la Russie qui permettrait de creuser le fossé entre Russes et Européens et d’aggraver la situation économique sur le continent. Je suis convaincu que les Américains savent que leur système financier est au bord de l’effondrement et qu’ils cherchent, une fois encore, à renflouer leurs caisses en provoquant une fuite des capitaux chez leurs adversaires. C’est la fameuse stratégie du chaos qu’ils mettent en oeuvre partout depuis que le nouveau monde multipolaire les empêche d’édifier un ordre mondial unipolaire américain. Quel est votre pronostic quant à une résolution de la crise interne de l’Ukraine ? Aymeric Chauprade – Je considère que la Russie a réagi de manière raisonnable et proportionnée à ce qui est une véritable agression stratégique de ses intérêts et une menace directe des populations-soeurs russes et russophones. Je rappelle qu’à ce jour les seuls morts en Ukraine viennent du Maïdan. Rien du côté russe. Pas un coup de feu, pas une exaction : sinon vous pensez bien que les médias occidentaux qui sont présents en Crimée et en Ukraine de l’Est l’auraient relevé immédiatement ! Qui plus est, la Russie défend la légalité du président élu, tout en reconnaissant, comme tout le monde, que Ianoukovitch, par sa corruption et sa faiblesse vis à vis des oligarques ukrainiens, porte une part de responsabilité dans la situation actuelle. C’est sans doute pour cela que Vladimir Poutine a déclaré que Ianoukovitch n’avait pas d’avenir politique. Donc la première chose à faire, pour résoudre la crise interne de l’Ukraine, c’est de reconnaître que la Russie est un acteur majeur de la région et qu’elle a le droit, face à des menaces sur les populations de l’Est de l’Ukraine et de la Crimée autonome, d’activer des mécanismes de défense et de stabilisation. Ensuite, il convient de cesser les menaces inutiles contre la Russie. Nous ne sommes plus à l’époque de la Guerre froide et de l’URSS. La Russie est un acteur intégré dans l’économie mondiale, membre de l’OMC et qui veut commercer pacifiquement avec ses partenaires. La menacer est stupide et contre-productif ! Et comment obéir d’ailleurs à des leçons de morale venant de pays comme les États-Unis et la France qui pratiquent, depuis longtemps, des interventions armées hors de leur territoire sur les territoires d’autres pays souverains, au Moyen-Orient comme en Afrique? Les présidents occidentaux devraient cesser de se ridiculiser avec des gesticulations inutiles et discuter avec Moscou. Un peu de pragmatisme et de sérieux ferait beaucoup de bien au monde. Le préalable c’est le retour à la légalité. Il y a un président légal, il faut revenir à cela. Tout le monde est d’accord sur le fait qu’il ne peut plus gouverner, mais il faut mettre en place des élections présidentielles. Je suis convaincu que la Russie n’a pas décidé d’envahir l’Ukraine, mais qu’elle veut un retour à la légalité à Kiev, un désarmement des milices fascistes et une protection de l’autonomie de la Crimée, de l’autonomie de Sébastopol à l’intérieur de l’autonomie de la Crimée, et de la protection des droits linguistiques des russophones. Qui peut devenir un candidat crédible à la présidence lors des prochaines élections ? Aymeric Chauprade – Dans une démocratie, tout le monde peut être candidat à la présidence. Mais le Maïdan pro-occidental qui ne représente qu’une partie de l’Ukraine de l’Ouest ne peut pas espérer représenter tout le monde. Je ne connais pas la personne qui a la légitimité suffisante pour créer un consensus entre l’Ouest et l’Est de l’Ukraine, mais ce que je sais c’est que cette personne ne peut pas représenter seulement l’une ou l’autre des composantes de l’Ukraine. L’Ukraine est intégrée fortement à la Russie, non seulement par l’histoire (ce sont deux nations sœurs et le cœur de la Russie historique est à Kiev) mais aussi par l’économie. C’est de la folie pure que de vouloir, comme les extrémistes de l’Ouest du pays, vouloir se couper de la Russie. Si Ianoukovitch a été élu, lui qui venait du Parti des régions, c’est bien qu’une majorité des Ukrainiens a d’ailleurs reconnu que l’avenir de l’Ukraine passait par une association étroite avec la Russie. Encore une fois il ne s’agit pas ici d’être pour la Russie contre l’Ukraine. Il s’agit d’être pour l’Ukraine et la Russie ensemble car elles ont vocation à cohabiter pacifiquement. Il y a deux conceptions géopolitiques qui s’affrontent : celle, irréaliste et donc dangereuse, défendue par les États-Unis, qui voudrait faire de l’Ukraine une périphérie anti-russe du bloc transatlantique, et celle réaliste et donc raisonnable, qui est le véritable intérêt des peuples européens, et qui consiste à faire de l’Ukraine un trait d’union entre l’Union européenne et la Russie, un territoire d’équilibre (donc pas membre de l’OTAN évidemment). Comment évaluez-vous la coopération des nouvelles autorités de l’Ukraine, qui ont organisé un coup d’État, en s’appuyant sur des militants armés du radical nationaliste « Secteur droit »? Aymeric Chauprade – Il faudrait que les Occidentaux regardent de plus près les insignes de Secteur droit comme je l’ai fait moi-même, ou bien même leurs vidéos de propagande. Aucune ambiguïté n’est possible : il s’agit d’un mouvement néo-nazi dont les emblèmes sont la croix gammée stylisée et les symboliques runiques du paganisme européen. La politique américano-européenne, de la Syrie jusqu’à l’Ukraine est en réalité la même. Pour faire avancer leurs pions géopolitiques, les atlantistes s’appuient sur des mouvements armés extrémistes, les islamistes radicaux au Moyen-Orient, les fascistes antisémites en Europe. C’est la même logique. L’histoire est toujours faite par les minorités fanatisées qui mettent en mouvement les majoritées endormies. Bernard Henri Lévy, un pseudo philosophe de plateaux, au service de toutes les guerres américaines, et qui vient se faire photographier dans chaque fausse révolution, était, en 2011, auprès des islamistes de Benghazi en Libye, comme il était il y a vingt ans en Bosnie près des fanatiques musulmans financés par l’Arabie Saoudite, comme il est aujourd’hui auprès du Maïdan pour relativiser le caractère fasciste de Svoboda. Je suis certain qu’un grand nombre de Juifs en Europe et ailleurs sont indignés que quelqu’un comme lui qui revendique si souvent sa judaïté puisse faire fi, avec autant de mauvaise foi, de la réalité antisémite de ces mouvements ultra-nationalistes ukrainiens. Comment évaluez-vous la participation au gouvernement les nationalistes de «Liberté», qui n’hésitent pas à faire des déclarations antisémites, anti-polonaises et anti-russes ? Aymeric Chauprade – Pour moi, tout cela est la preuve que l’Union européenne ne contrôle rien mais subit. Elle encourage des mouvements qui sont contraires à ses propres intérêts. Quel est l’intérêt réel de la Pologne et de l’Allemagne? Etre des « caniches » de l’OTAN ou bien bâtir demain un partenariat stratégique fort avec la Russie, vers une grande Europe des peuples, de Brest à Vladivostok? Voilà la vraie clé de ce conflit! Les forces atlantistes veulent détruire tout ce qui est fait depuis des années en faveur du rapprochement entre l’Union européenne et la Russie : les nouvelles coopérations stratégiques, la complémentarité énergétique, l’avancée vers un monde multipolaire avec une multipolarité monétaire et non le dollar tout puissant. Comment évaluez-vous l’impact de cette idéologie en Ukraine – un pays au centre d’Europe, qui a connu les horreurs de la guerre avec les nazis ? Pourquoi l’Occident soutient ces politiques ? Aymeric Chauprade – On voit, dans les médias occidentaux dominés par les forces atlantistes, la volonté de diaboliser Poutine et, à travers lui, la Russie. L’objectif est de faire croire que Poutine serait un nouvel Hitler et que nous serions proche d’un nouveau Munich. J’espère ne pas être pessimiste, mais je crains que certaines forces atlantistes ne cherchent à créer une situation de conflit mondial pour sortir de leur banqueroute financière et économique. En vérité, pour empêcher la guerre, seule la lucidité et la fermeté peuvent payer. Les Européens et la France en particulier, mais aussi l’Allemagne, doivent se réveiller et sortir du piège américain. Ils doivent trouver une solution avec la Russie pour stabiliser l’Ukraine et y remettre un gouvernement qui travaillera pour tous les Ukrainiens, de l’Ouest comme de l’Est. Quant au peuple de Crimée, très majoritairement russe, s’il entend choisir de revenir à sa mère patrie, au nom de quel principe faudrait-il l’en empêcher ?






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